Le système d’aqueduc du Vieux Montréal

Question : Dans quel matériau étaient faits les tuyaux qui originellement acheminant l’eau sous le pavé des rues du Vieux Montréal ?

a) en béton
b) en cuivre
c) en plomb
d) en bois
e) en polychlorure de vinyle

Mario Vallée est un chauffeur de taxi. Parmi les nombreux métiers qu’il a exercés, M. Vallée a travaillé dans l’industrie de la construction, notamment dans le Vieux-Montréal où il a contribué à la réfection de la chaussée devant le marché Bonsecours.

Hier après-midi, en me conduisant au travail, M. Vallée m’apprenait que le système d’aqueduc du Vieux-Montréal a déjà été en bois. Si vous avez choisi la bonne réponse, bravo !

Mais si vous êtes tout aussi étonnés que je l’ai été d’apprendre cela, vous n’êtes pas au bout de vos surprises car plus précisément, ces tuyaux sont des troncs d’arbre évidés, vissés les uns au bout des autres.

Ayant été bucheron, M. Vallée peut reconnaître l’essence de n’importe quel tronc d’arbre du Québec. Or, il est catégorique : ce sont des troncs de tremble.

Quelques troncs portent encore leur écorce, intacte. Les autres ont été enfouis peu après avoir été écorcés puisque leur bois n’a pas eu le temps de s’oxyder et conséquemment, d’adopter une teinte grisâtre.

Contrairement au bois des épaves qui est digéré par les bactéries marines et qui disparait en quelques décennies, le bois des aqueducs est protégé par le chlore ajouté à l’eau potable.

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3 commentaires à Le système d’aqueduc du Vieux Montréal


  1. N.D.L.R. – Afin de vérifier les dires de mon informateur, je me suis adressé à la Ville de Montréal. À la question « Est-ce exact que les aqueducs du Vieux-Montréal (notamment devant le Marché Bonsecours) sont en bois, plus précisément en troncs de tremble évidés? », voici ci-dessous la réponse obtenue :

     
    Si je lis bien votre question, vous dites que les aqueducs du Vieux-Montréal sont ACTUELLEMENT en bois (Note de JP Martel : Effectivement, c’était ce que disait mon texte à l’origine. Je l’ai modifié depuis.)

    Pour connaître la situation actuelle, il faudrait communiquer avec la Direction des travaux publics de l’arrondissement Ville-Marie (tél.: 514-872-0100).

    Les documents que nous possédons aux archives sur l’aqueduc nous informent que les conduites en bois ont été remplacées par de la fonte autour des années 1820.

    Je joins quelques pages du document de Dany Fougères « Histoire de la mise en place d’un Service urbain public: l’approvisionnement en eau à Montréal, 1796-1865 », ainsi qu’un petit historique sur l’aqueduc dans un document des travaux publics de la Ville de Montréal.

    En espérant que ces informations vous soient utiles.

    Sylvie Grondin
    Technicienne en gestion de documents et archives
    Section des archives
    Division de la gestion des documents, des archives et de l’accès à l’information
    Direction du greffe
    Ville de Montréal
    275, rue Notre-Dame Est, bureau R-108
    Montréal (Québec)
    H2Y 1C6

    • Dany Fougères a présenté en 2002, une thèse en vue de l’obtention d’un doctorat en études urbaines. Cette thèse s’intitulait : « Histoire de la mise en place d’un service urbain public : l’approvisionnement en eau à Montréal, 1796-1865 ».

      Il s’agit du document dont parle Mme Grondin dans la lettre ci-dessus.

      On y apprend qu’à la fin de 1801, le Groupe Frobisher — fondateur de la compagnie Les propriétaires des eaux de Montréal , et propriétaire de cette compagnie jusqu’en 1816 — décide d’offrir aux Montréalais un service d’approvisionnement en eau potable.

      À cette fin, on décide de prélever l’eau à partir d’une source au bas du versant sud-ouest du mont Royal et de la faire s’écouler à l’intérieur d’une conduite de bois jusqu’à la ville, limitée à l’époque par des fortifications et correspondant au Vieux-Montréal actuel.

      Il faudra attendre 1805 pour que la première portion du réseau de distribution soit achevée et que les premiers contrats d’abonnés soient signés. Malgré tout, ce système n’a jamais très bien fonctionné.

      La compagnie sera achetée en 1816 par le Groupe Porteous. On opte alors pour une pompe à vapeur qui prélève l’eau du fleuve St-Laurent et qui — à travers des conduits en fonte — amène l’eau dans des réservoirs enduits de plomb, situés plus haut dans la ville.

      Entre 1817 et 1821, la compagnie accélère le rythme de pose des conduits, particulièrement sous « les rues Notre-Dame et St-Paul où on remplace (par des conduites en fonte) et rallonge les conduites de bois posées par le groupe Frobisher, et sur les petites rues enserrées entre ces deux principales artères » (extrait du mémoire de M. Fougères).

      Toutefois, le site de prélèvement de l’eau est en aval de la ville. Ce qui fait qu’on prélève une eau qui, au départ, contient le rejet des eaux usées de la ville.

      En 1833, la compagnie est achetée par un groupe formé par Moses J. Hays. On entreprend alors de capter l’eau en aval, aux pieds des rapides de Lachine.

    • En cliquant sur ceci, les lecteurs intéressés pourront consulter l’autre document dont parle Mme Grondin dans sa lettre. Ce document intéressant relate l’histoire du système d’aqueduc de la Ville de Montréal.

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