Microsoft ou Micromou ?

30 août 2011

On apprend aujourd’hui que le gouvernement du Québec est sur le point de lancer une campagne en faveur de la francisation des raisons sociales anglaises des grandes entreprises qui viennent s’installer dans la province.

Plus précisément, l’Office québécois de la langue française aimerait que les entreprises adaptent leur raison sociale au contexte québécois en y ajoutant un générique en français lié au type de produits ou de services qu’elles offrent, comme le font déjà par exemple « Lunetteries New Look », « Rôtisseries Scores » et « Farine Five Roses ».

Évidemment, on parle ici d’une « campagne » (de sensibilisation ? de publicité ?). Il n’est pas question ici de poursuites ni de sanctions.

La francisation des raisons sociales n’est pas une mauvaise chose, mais c’est un détail. À mon avis, le français recule à Montréal parce qu’il est de moins en moins parlé. Ce n’est donc pas un déclin de façade : c’est un déclin profond, qui nécessite des remèdes appropriés.

Les francophones d’ici ne perdent pas l’usage de notre langue avec le temps. Nous ne sommes donc pas dans la situation des Francophones hors-Québec qui s’assimilent progressivement à l’anglais.

Les Québécois anglophones n’ont pas un taux de natalité tel que cela expliquerait le déclin du français.

Ce recul s’explique essentiellement parce que de plus en plus de néoQuébécois travaillent en anglais et envoient leurs enfants à l’école anglaise. Et ils le font parce que le gouvernement libéral n’a rien fait pour défendre le français. Or jamais la langue anglaise n’a progressé aussi rapidement à Montréal que depuis que les Libéraux sont au pouvoir.

Les solutions sont pourtant simples : la francisation de toutes les entreprises québécoises de plus de cinq employés et le refus de se soumettre aux dispositions de la Constitution canadienne concernant la langue d’enseignement au Québec .

Voilà ce qui arrêterait de déclin. Mais je ne crois pas que le gouvernement actuel soit prêt à prendre les vrais moyens.

Références :
Québec veut franciser les noms anglais des grandes entreprises
Une campagne de francisation attend les entreprises

Microsoft ou Micromou ?
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Porte de Brandebourg

29 août 2011
Porte de Brandebourg (1789-1791)

De style néoclassique, la porte de Brandebourg fut érigée par Carl-Gotthard Langhans (1732-1808). Elle comprend cinq passages et deux pavillons.

Ces derniers, situés de chaque côté, servaient aux fonctionnaires des douanes puisque ce monument constituait originellement une des 18 portes d’entrée de la ville.

Jusqu’à la fin de l’empire allemand en 1918, le véhicule de l’empereur était le seul autorisé à emprunter le passage central.

La porte est surmontée d’une sculpture de Johann Gottfried Schadow (1764-1850). Il s’agit d’un char tiré par quatre chevaux. Son personnage central est la déesse de la Victoire : debout et tenant une couronne de lauriers, elle symbolise le triomphe de la paix.

Durant l’occupation de Berlin par les troupes de Napoléon Bonaparte, ce quadrige fut confisqué comme butin de guerre et transporté à Paris en 1806.

Ce séjour fut de courte durée ; après la défaite napoléonienne, les troupes prussiennes ramenèrent la sculpture à son endroit initial en 1814. Le roi de Prusse en profita pour ajouter des symboles plus guerriers — soit une croix de fer au milieu de la couronne de lauriers et un aigle au-dessus de tout — et donner ainsi au quadrige son aspect définitif.

Sévèrement endommagé au cours de la Deuxième guerre mondiale, le quadrige à été refondu à partir des moules d’origine. C’est ce deuxième moulage, aussi authentique que le premier, que nous voyons aujourd’hui.

Détails techniques de la photo : Canon Powershot G6 — 1/600 sec. — F/2,2 — ISO 50 — 11 mm

La Porte de Brandebourg
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Qui brule les belles berlines berlinoises ?

27 août 2011

 
Les automobilistes montréalais ont certainement bien des raisons de se plaindre : du cout de l’essence, des viaducs qui s’effondrent, des nids-de-poule au printemps, des élus municipaux hostiles à la circulation automobile, etc.

Mais toutes ces raisons sont presque rien en comparaison avec le traitement que doivent subir de nombreux automobilistes à Berlin : un groupe radical y brule leurs voitures.

Tôt hier, une Mercedes stationnée dans le quartier chic de Shöneberg était la proie des flammes. Peu de temps après, une Audi stationnée quelques rues plus loin subissait le même sort. Cela porte à 372 le nombre de voitures incendiées depuis le début de cette année dans la capitale allemande. On s’approche donc du record établi en 2009, soit 401 automobiles incendiées. Au total, c’est plus d’un millier de voitures brulées à Berlin depuis quelques années. Cela représente des dommages de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Jusqu’ici la police a appréhendé treize suspects, sans toutefois porter d’accusation. L’impunité des coupables vient de leur façon de procéder. Ils utilisent des allume-feux pour charbon de bois qu’ils placent sous les pneus de l’automobile. Lorsque finalement le véhicule prend en feu, l’incendiaire est déjà rendu loin.

Puisque des élections municipales et régionales se tiennent le mois prochain, cette question est sur toutes les lèvres. D’autant plus qu’il y a risque de contagion ; mercredi matin, des incendiaires se sont attaqué à quatre voitures à Düsseldorf tandis que des attaques similaires se sont produites plus tôt cette année à Hambourg.

Fils de l’ex-président d’un groupe de députés au parlement fédéral allemand, Matthias Filbinger est un nouveau candidat à la Chambre des représentants de Berlin. Il se présente sous la bannière du parti de la Chancelière allemande. Il a promis de mettre sur pied des milices auxquelles participeraient un millier de citoyens équipés de matraques et de menottes.

Dans cette ville au passé turbulent, une telle suggestion a inquiété plusieurs personnes et a fait bondir le président du syndicat des policiers allemands. Celui-ci a déclaré : « Les groupes d’autodéfense représentent un danger de débordement. Les chasseurs de primes, c’est bon pour les films de cowboys. »

Pressée par les dirigeants du pays, la police berlinoise a promis de consacrer un bataillon de cinq cents policiers à cette affaire, mettant même un hélicoptère à leur disposition.

Ce qui nuit à cette enquête, c’est le mutisme des incendiaires. Pas de demande de rançon. Pas de communiqué où ils s’attribueraient le mérite de leurs actes. Pas de message politique. Bref, le silence complet.

On se perd donc en conjectures. Puisque la grande majorité des voitures incendiées étaient des berlines de luxe, on suppose que c’est l’œuvre de groupes gauchisants opposés à l’embourgeoisement de la ville. Une porte-parole de la police a émis l’hypothèse que les coupables pourraient venir du quartier de Friedrichshain-Kreuzberg, un bastion de la gauche radicale allemande.

C’est précisément là que j’habitais en 2005, lors de mon voyage à Berlin. Il s’agit d’un quartier paisible et charmant où se concentre la minorité turcophone (et donc musulmane) de Berlin.

Alors que les autorités privilégient la piste des « Robins des Voies », j’ai toutefois une autre hypothèse. Elle vaut ce qu’elle vaut, surtout de la part de quelqu’un qui habite à l’autre bout du monde.

Pourquoi ne serait-ce pas l’œuvre d’écologistes radicaux ? Les Verts ont une longue tradition d’activisme, de désobéissance civile et de gestes d’éclat. Qu’est-ce qui devrait leur faire craindre de s’adonner à un terrorisme bon chic, bon genre ? En effet, on ne tue personne et on sauve la planète.

Puisque les voitures de luxe sont généralement lourdes, elles sont donc plus énergivores que les autres véhicules de taille similaire. De plus, en évitant de cibler les voitures d’ouvriers, on évite de s’aliéner le travailleur moyen.

Il est probable que les victimes s’achèteront un autre véhicule pour remplacer celui incendié. La majorité des voitures de luxe étant allemandes, en brulant ces voitures, on stimule l’économie du pays et on donne du travail aux ouvriers. Si on ne craint pas le cynisme, on pourrait même dire que c’est un geste patriotique…

Puisque nous vivons à une époque où les plus grands bandits portent le veston et la cravate, et où ceux qui ont bousillé l’économie occidentale refusent d’en payer le prix, en ciblant les voitures de luxe, on ferait ainsi une pierre deux coups.

C’est donc une histoire à suivre…

Références :
Berlin’s burning cars a hot topic in forthcoming elections
Carte géographique des incendies (jusqu’en octobre 2010)
Germany’s Capital Burns Bright, and Without Explanation
Matthias Filbinger
Political, economical motivation behind Berlin’s burning cars

Détails techniques de la photo : Panasonic GF1, objectif Lumix 20mm f/1,7 — 1/1250 sec. — F/2,0 — ISO 125 — 20 mm

Qui brule les belles berlines berlinoises ?
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le bel et la bête

26 août 2011
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Voici donc deux papillons très différents de l’Insectarium de Montréal.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Sigma 24mm Macro f/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 24 mm
2e photo  : 1/50 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 24 mm

Le bel et la bête
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Écrit par Jean-Pierre Martel


The British Big Brother

25 août 2011

La ministre de l’intérieur britannique a convoqué plus tôt aujourd’hui les responsables de Facebook, Twitter et Blackberry à une réunion destinée à faire le point sur le rôle des réseaux sociaux dans les émeutes qui ont embrasé récemment plusieurs villes anglaises et surtout, pour renforcer les moyens d’espionnage des corps policiers.

Alors que le gouvernement britannique s’était réjoui du rôle important joué par les réseaux sociaux au cours des émeutes du Printemps arabe, il se désole aujourd’hui de ce même rôle joué durant le bref Été anglais.

Au cours des dix dernières années, les Anglais sont devenus le peuple le plus espionné au monde. En 2006, il y avait 4,2 millions de caméras de surveillance en Grande-Bretagne, soit une moyenne d’une caméra pour 14 citoyens.

Il y avait déjà des caméras de surveillance dans les aéroports américains au moment des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Elles ne les ont pas empêchés. Elles sont utiles pour expliquer a posteriori ce qui est arrivé, mais elles n’ont aucun effet dissuasif sur des gens qui sont prêts à mourir pour une cause. Elles n’ont pas empêché non plus l’Été anglais.

Théoriquement, elles peuvent être précieuses pour coordonner l’action policière. À titre d’exemple, un surveillant qui aperçoit un comportement suspect à un écran pourrait demander à ses collègues d’aller sur les lieux pour prévenir un méfait.

Toutefois, ce qu’on oublie de dire, c’est qu’une telle efficacité nécessite deux prérequis : des policiers en nombre suffisant pour intervenir rapidement n’importe où, et des centaines de milliers surveillants rivés à leurs écrans.

Si on donne vingt écrans à chaque surveillant anglais (ce qui est beaucoup), il faudrait 200,000 surveillants pour s’occuper des millions de caméras du pays. De plus, en moyenne, si chaque surveillant prévient des crimes dont la valeur est moindre que son propre salaire, cela est un mauvais investissement.

Dans les faits, les caméras de surveillance enregistrent de l’information qui, dans la presque totalité des cas, sera détruite avant d’avoir été vue. C’est seulement lorsqu’on aura découvert, par d’autres moyens, qu’un méfait a été commis qu’on voudra passer en revue les enregistrements pour essayer de découvrir quand et par qui le méfait a été commis.

Malheureusement, la qualité médiocre des images ne permet l’identification des coupables que lorsqu’ils sont filmés de près, à visage découvert. Voilà pourquoi en Angleterre, 80% des crimes ne sont pas résolus en dépit des millions de caméras qui s’y trouvent.

Les caméras de surveillance ne sont qu’un moyen de surveillance, parmi d’autres, dont se sont dotés les corps policiers anglais.

La Grande-Bretagne, de concert avec les États-Unis, a mis sur pied un réseau d’espionnage — surnommé ECHELON — capable de filtrer toutes les conversations téléphoniques échangées sur la planète. Elles ne peuvent pas analyser les appels acheminés par câble mais filtrent tous ceux qui sont transmis par des antennes émettrices.

Ce réseau est complètement informatisé : des ordinateurs puissants analysent automatiquement chaque conversation téléphonique à la recherche de mots-clés. Les conversations suspectes sont ensuite écoutées par des préposés. Voilà pourquoi Osama Ben Laden aurait débusqué il y a des années s’était servi d’un téléphone portable ne serait-ce qu’une seule fois depuis 2001.

Mais un tel système — conçu pour l’espionnage industriel et contre le terrorisme — n’existe pas pour les messages échangés sur les médias sociaux. En effet, ceux qui planifient des attentats terroristes ne dévoilent jamais le détail de leurs projets sur la place publique. En d’autres mots, ils ne l’annoncent pas sur Facebook.

Il existe bien une surveillance importante de l’Internet mais celle-ci n’a pas l’efficacité du réseau d’espionnage des appels téléphoniques puisque dans le cas d’une émeute en cours, la réponse policière doit être immédiate. Le gouvernement britannique entend corriger cette lacune, d’où la réunion d’aujourd’hui.

Le 11 août dernier, devant le Parlement britannique, le premier ministre avait évoqué la possibilité d’empêcher les gens d’utiliser Facebook ou Twitter lorsque les autorités policières croient savoir que ces personnes se préparent à semer le désordre. De plus, pendant les quatre nuits d’émeutes, la police s’est heurtée au système de cryptage des messages des téléphones portables Blackberry, très prisés de certains émeutiers.

Références :
Britain is ‘surveillance society’
Emeutes britanniques : le gouvernement réunit les responsables des réseaux sociaux
Tens of thousands of CCTV cameras, yet 80% of crime unsolved

Parus depuis :
The NSA’s Greatest Hits: “We’re the Only Ones Not Spying on the American people” (2013-06-10)
Police will have ‘backdoor’ access to health records despite opt-out, says MP (2014-02-06)
Espionnage: les clés de cryptage des cartes SIM pour repousser les frontières (2015-02-21)
La police canadienne a eu accès à la clé de déchiffrement des téléphones BlackBerry (2016-04-14)
Le leurre de la surveillance (2016-07-18)
Surveillance des journalistes – La nouvelle chasse aux sorcières (2016-11-05)

Photo ci-dessus (modifiée) : © 1984 — MGM Studios

The British Big Brother
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canada ne participera pas à l’Expo 2012

24 août 2011
Pavillon du Canada à Expo 2010, à Shanghai

On annonçait ce matin le refus du Canada de participer à la prochaine exposition universelle, soit celle d’Expo 2012, en Corée du Sud. À mon avis, il s’agit d’une économie de bouts de chandelles.

De la même manière que l’économie canadienne profite de la proximité du marché américain, quand la Chine sera devenue la première puissance économique mondiale, la Corée bénéficiera de son voisinage avec ce pays. C’est pourquoi l’Extrême-Orient, c’est l’avenir.

La participation du Canada à l’Expo 2010 (à Shanghai) a été un succès. Le pavillon canadien, conçu par le Cirque du Soleil et construit par SNC-Lavallin, a reçu officiellement 6,4 millions de visiteurs. Dans les faits, je crois plutôt qu’il a été visité 6,4 millions de fois, ce qui est pas mal.

Il est vrai que d’autres pays ont eu encore plus de succès. L’Italie y avait un pavillon extraordinaire (beaucoup plus spectaculaire que le pavillon canadien). La Belgique a été populaire, notamment à cause du tirage d’un diamant par semaine parmi les visiteurs de son pavillon. En fait, l’achalandage du pavillon canadien a été comparable à celui du pavillon américain.

Les pavillons qui ont eu du succès à l’Expo 2010 le méritaient tous en raison de la qualité de leur présentation ou de leur position géographique sur le site.

Bref, il est rare qu’une campagne de promotion rejoigne autant de personnes intéressées qu’un pavillon à une exposition universelle. Alors qu’une publicité télévisée de 30 secondes coûte une fortune est ne fait qu’attirer l’attention brièvement, un pavillon bénéficie du contact prolongé de ses visiteurs. De plus, il cible spécifiquement des millions de personnes intéressées connaître le pays : cela est beaucoup plus efficace que n’importe quelle sollicitation générale auprès d’une population.

Références :
Expo 2010 Shanghai (Zone C)
Expo 2012 : le Canada décline l’invitation de la Corée du Sud

Détails techniques de la photo : 
Panasonic GH1, objectif Lumix 20mm F/2,0 — 1/30 sec. — F/1,7 — ISO 500 — 20 mm

Le Canada ne participera pas à l’Expo 2012
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’âge du beige

23 août 2011

Dans l’opéra rock Notre-Dame-de-Paris, Plamondon écrivait : « Il est venu, le temps des cathédrales…»

C’était peut-être vrai il y a une décennie, mais aujourd’hui on est plutôt à l’âge du beige. Non pas du rouge, du vert ou de n’importe quelle autre couleur voyante. Non, non : du beige.

Ce qui est frappant dans l’histoire de l’Humanité, c’est qu’elle se confond avec le récit des accomplissements d’une multitude de gens passionnés. Les grands héros comme les pires tyrans, les auteurs célèbres, les champions olympiques et la très grande majorité de ceux dont l’Histoire a retenu les noms, étaient des passionnés.

Ces êtres sont exceptionnels. Ils se comportent différemment des autres. Ils dévient donc de la moyenne des gens qu’on dit ordinaires; ce sont des déviants. Or de nos jours, la moyenne, c’est la normalité : en dévier est suspect.

Autrefois, lorsqu’on adolescent occupait tous ses loisirs à construire des modèles d’avion, on disait qu’il développait des aptitudes : on le voyait déjà mécanicien chez Bombardier ou ailleurs. S’il s’intéressait plutôt à collectionner des timbres, celle-ci lui faisait découvrir de nouveaux pays et favorisait l’ouverture au Monde : c’était peut-être un futur explorateur. Si sa passion était la lecture, elle lui faisait découvrir l’univers créatif des auteurs.

Un ado qui passait tout son temps dans sa chambre à découvrir des choses extraordinaires, c’était merveilleux : au lieu de faire des mauvais coups, il était sagement à la maison. Quel bonheur pour les parents.

De nos jours, on ne dit plus que quelqu’un est passionné : on dit qu’il est accro. Accro à l’Internet. Accro à la malbouffe. Accro à ceci ou à cela. Car toutes ces passions dénotent plus ou moins un comportement asocial et une fuite de la réalité. Elles empêchent l’acquisition d’aptitudes dans les relations interpersonnelles.

Même l’abominable « womanizer » — qu’on appelait « coureur de jupons » à l’époque où on en portait — partage ce handicap dans la mesure où il ne sait pas comment se comporter autrement qu’en prédateur sexuel.

Mais heureusement, qui dit dépendance, dit remède à cette dépendance. Les magazines « People » regorgent d’articles destinés à aider à déceler la dépendance chez les autres. Ils enseignent comment se comporter devant la personne atteinte et fournissent des moyens d’aider les victimes à redécouvrir le bonheur tranquille du beige.

Et puisque la colère est un autre sentiment violent, on doit privilégier la rectitude politique afin de n’offenser personne. Car dans le royaume du beige, les rapports humains sont aussi harmonieux et lisses que superficiels. Ainsi, sourire aux inconnus qui s’approchent de vous doit devenir aussi naturel que de porter des talons hauts.

Et toujours dans le but de n’offenser personne, hommes et femmes doivent s’épiler le corps. La pillosité, c’est l’attribut des barbares et des animaux de compagnie. De plus, les odeurs corporelles et les parfums forts sont vulgaires. À éviter.

On doit éviter également la réussite ostentatoire car elle provoque l’envie et la jalousie. Le médiocre ne suscite pas l’animosité car nous nous reconnaissons tous dans ses faiblesses : voilà pourquoi il est le citoyen modèle au pays du beige.

Car le monde du beige est comme le Crisco®; sans couleur, sans saveur et sans odeur.

Mais plus on se laisse envahir par le beige, plus on est gagné par les pulsions inavouables et indomptés qui habitent les profondeurs de chacun d’entre nous. Ces pulsions que toutes les armées du monde canalisent en diabolisant l’ennemi, s’expriment aujourd’hui librement sous le masque du pseudonyme dans les forums de discussion et les médias sociaux.

Car en refoulant les sentiments excessifs de la sphère publique, ils apparaissent dans toute leur laideur dans la sphère privée. Du moins pour l’instant. Car la dernière frontière du beige, c’est la vie privée, site de toutes les passions résiduelles…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les incendiaires

20 août 2011
© 2008 — Wikipedia

Existe-t-il un moyen de réduire le risque d’un prêt ? Oui, en contractant une assurance anti-défaut de paiement (« Credit Default Swap » ou CDS).

Depuis 2008, plus précisément depuis la faillite colossale de Lehman Brothers, les CDS — jusque-là essentiellement limités à l’assurance des dettes des entreprises — se sont développés pour les États. Déjà, on dépense des dizaines de milliards de dollars en CDS : ces sommes croissent rapidement au fur et à mesure que grandissent les inquiétudes sur la solvabilité des États.

Ce qui contribue à leur popularité, c’est qu’on peut acheter un CDS sur la dette d’un État sans même posséder de titres de cette dette. Tout comme on peut acheter une assurance automobile sans avoir d’auto.

Si l’assurance-automobile sans auto est stupide, l’assurance-solvabilité-étatique est parfaitement logique car en réalité, les assurés ne parient pas sur la faillite de cet État ; ils parient sur les occasions d’affaires que la spéculation boursière pourrait créer pour eux.

En d’autres mots, on achète un CDS dans l’espoir de le revendre lorsque son prix augmentera. Entretemps, on a donc tout intérêt à colporter les rumeurs de faillite concernant les pays au sujet desquels on détient des CDS.

Puisque les « petits ménés suiveux » croiront plus facilement aux possibilités de faillite d’un pays comme la France (comparativement au risque des États-Unis), l’assurance anti-faillite française a plus de chance d’augmenter de valeur (et de rapporter à ceux qui en auront acheté) que l’assurance-faillite américaine.

Voilà pourquoi il existe pour 23 milliards$ de CDS contre une faillite éventuelle de la France et 17 milliards$ contre celle de l’Allemagne (deux pays cotés AAA) comparativement à 5,6 milliards$ contre celle des États-Unis (un pays coté AA+ et plus endetté que la France et l’Allemagne).


Dettes nationales en pourcentage du produit intérieur brut


 
On comprend donc pourquoi certains milieux financiers semblent tout faire pour déstabiliser le marché de la dette de certains États.

En Europe, on prend conscience de l’importance de prendre des mesures énergiques contre la spéculation. Aux États-Unis — un pays encore dominé par les voix prônant le laisser-faire de l’État — on est loin d’une réflexion sur les moyens de prévenir la répétition des ravages récents du néo-libéralisme.

Référence :
Les spéculateurs parient sur la faillite américaine

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois autres papillons de l’Insectarium

18 août 2011
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Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Cosina 28 mm Macro F/2,8 (1re photo) et objectif Sigma 24 mm Macro F/2,8 (2e et 3e photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/11,0 (?) — ISO 320 — 28 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 24 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 24 mm

Trois autres papillons de l’Insectarium
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Inde poursuit Monsanto pour biopiraterie

17 août 2011

En décembre 2002, l’Inde s’est doté d’une législation destinée à protéger la biodiversité du pays. Il y est interdit de breveter une espèce végétale rare ou menacée d’extinction ou lorsque ce brevet est préjudiciable au mode de vie traditionnelle de sa population ou lorsqu’il risque de créer des impacts environnementaux incontrôlables ou de porter atteinte à la diversité biologique du pays.

À cette fin, la loi indienne prévoit qu’on ne peut mettre au point une plante brevetée sans en avoir obtenu l’autorisation au préalable. De plus, les agriculteurs doivent notamment être consultés afin de négocier une éventuelle participation aux bénéfices tirés de l’exploitation commerciale d’une plante brevetée.

L’adoption de cette loi faisait suite aux violentes émeutes des paysans du nord du pays qui protestaient en 1997 contre le brevetage, par le semencier américain RiceTec, d’une variété de riz basmati appelée « kasmati ».

L’Inde — qui abrite 7,8% des espèces animales et végétales de la planète — compte 2,500 variétés d’aubergines. Une dizaine de ces variétés ont servi à créer une première aubergine génétiquement modifiée. Avec l’appui d’USAID (l’agence américaine de développement), Mosanto, Mahyco (une compagnie indienne dont Mosanto possède 26% des actions) et plusieurs universités indiennes s’étaient associées pour « découvrir » cette nouvelle aubergine.

Toutefois, parce que ces promoteurs n’ont pas respecté les exigences de la loi, l’Autorité indienne de la biodiversité a annoncé le 11 août son intention de poursuivre Monsanto pour biopiraterie, une infraction passible de trois années d’emprisonnement.

Références :
Biological Diversity Rules, 2004
Monsanto poursuivi pour « biopiraterie » par l’Inde

L’Inde poursuit Monsanto pour biopiraterie
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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