Pour la francisation de toutes les entreprises québécoises de plus de cinq employés

À l’heure actuelle, la loi 101 exige un certificat de francisation de la part de toutes les entreprises de plus de cinquante employés. Lors de l’adoption de la loi 101, le gouvernement québécois a évité d’imposer cette exigence aux petites entreprises afin de leur épargner cette lourdeur administrative.

Depuis une décennie, nous assistons à une anglicisation galopante de l’île de Montréal si bien qu’il n’a jamais été aussi fréquent de ne pas pouvoir être servi en français dans certains endroits de Montréal (sur l’avenue du Parc, notamment).

Je ne connais pas de meilleure motivation pour un Néo-québécois à apprendre le français que la difficulté à gagner sa vie s’il ne parle pas notre langue. Cette difficulté est contournée lorsqu’il est embauché dans une petite entreprise car celle-ci n’est pas soumise à la loi 101. C’est le cas de l’immense majorité des entreprises québécoises.

Le résultat est que nous, consommateurs, sommes servis en anglais de plus en plus fréquemment, comme l’a révélé il y a quelques mois une enquête de Radio-Canada et qui confirmait ce que tous les citoyens de Montréal savaient déjà.

Cette situation est le résultat d’un état de fait favorable à l’anglicisation du Québec. Après la légalisation des écoles passerelles, après avoir sabré dans les cours de francisation des immigrants allophones — tout en maintenant, paradoxalement, les cours d’anglais aux immigrants originaires du Maghreb afin d’augmenter leur employabilité — et après avoir imposé l’anglais intensif dès la 6e année, c’est clair : le gouvernement Charest ne croit pas à l’importance de défendre le français autrement que par des moyens mous et inefficaces.

Or je suis chez moi ici au Québec et c’est mon droit d’y être servi dans ma langue partout dans la province. Entre le souhait légitime d’un commerçant anglophone de parler sa langue et mon souhait légitime d’être servi dans la mienne, qui devrait légalement avoir priorité ? Si c’est moi qui devrais avoir priorité, peut-on compter sur le gouvernement Charest pour défendre mes droits ?

La grande majorité des francophones qui sont servis en anglais ne portent jamais plainte. L’Office québécois de la langue française reçoit environ 400 plaintes par année relativement à la langue de service dans les commerces : c’est 15% de l’ensemble des plaintes que reçoit cet organisme, sur un total de 2,500 à 3,000 plaintes.

Même si 82% de ces plaintes sont fondées, l’Office impose des amandes ou procède à des poursuites dans seulement 2% des infractions. Depuis que les Libéraux sont au pouvoir, l’Office se laisse « enfirouaper » dans 98% des cas et ne fait absolument rien. Le résultat est ce que tous les Montréalais observent : l’anglicisation de la métropole.

Dans deux ans à peine, le Québec ne sera plus dirigé par monsieur Charest. Nous devons donc envisager l’après-Charest.

C’est pourquoi je propose que la loi 101 soit amendée de manière à ce que, dans les entreprises de plus de cinq employés, toute le personne qui a contact avec le public (y compris au téléphone) soit tenue de parler au moins le français.

Doit-on, par exemple, imposer cette obligation au laveur de plancher ? S’il travaille de nuit, évidemment pas. Mais s’il travaille alors que le commerce est ouvert au public et qu’il est susceptible de se faire demander où se trouve tel produit, oui, absolument.

Dans le cas des entreprises qui possèdent entre 5 et 50 employés, évitons-leur les Certificats de francisation : créons simplement une obligation légale de servir tout francophone dans sa langue et créons un droit pour tout consommateur lésé de se plaindre devant la Cours des petites créances. De plus, prévoyons que l’amende imposée par le tribunal voit versée intégralement au plaignant.

Finie l’époque où la promotion du français était laissée au pouvoir discrétionnaire d’un gouvernement mollement convaincu de l’opportunité de la défendre. Donnons au peuple québécois le pouvoir de défendre lui-même sa langue en lui confiant des pouvoirs nettement dissuasifs… et vous verrez le résultat !

Références :
Des commerces qui ne servent pas en français
Québec – L’immigration au pifomètre
Québec veut démontrer aux commerçants montréalais les bénéfices du français
Réaction aux propos de François Legault – Les amendes ne sont pas une panacée, dit l’OQLF

Pour la francisation de toutes les entreprises québécoises de plus de cinq employés
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