Gérald Tremblay : marionnette ou manipulateur ?

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Les acteurs

Jacques Bergeron. C’est le Vérificateur général de la ville. Son rôle est l’équivalent de celui de Mme Sheila Fraser au gouvernement fédéral. En 2009, Jacques Bergeron révélait le scandale des compteurs d’eau. Depuis, le maire de la ville et lui sont en guerre ouverte.

Claude Dauphin. Maire de l’arrondissement de Lachine. Il est également le président du Conseil municipal de Montréal et membre d’Union Montréal, le parti municipal du maire Tremblay.

Louis Roquet. Depuis janvier 2010, Louis Roquet est Directeur général de la ville. Il est au sommet de la pyramide hiérarchique de tous les employés municipaux. Son salaire est deux fois plus élevé que celui du maire Tremblay.

Pierre Reid. C’est le Contrôleur général de la ville de Montréal. Il ne faut pas confondre le poste de Vérificateur général avec celui de Contrôleur général. Dans les faits, le Contrôleur général est un super-espion qui relève directement de Louis Roquet.

Les faits

Il y a deux mois, nous apprenions que Pierre Reid (le super-espion) avait épié les courriels de Jacques Bergeron (l’ennemi du maire) pendant dix mois prétextant une mystérieuse plainte anonyme qui n’a pas été rendue publique et dont personne ne peut prouver l’existence.

Depuis ce temps, le maire Tremblay répète qu’aucun élu — seulement des employés municipaux — n’a été épié par Pierre Reid (le super-espion) et qu’aucun de leurs courriels n’avait été consulté.

Hier, on apprenait que Pierre Reid (le super-espion) avait épié les courriels de Claude Dauphin, le maire de Lachine. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a soutenu que cet espionnage avait été autorisé par la police provinciale, ce que la SQ nie catégoriquement.

Or un policier doit obtenir l’autorisation d’un juge — sur présentation d’un affidavit détaillé — pour pouvoir espionner légalement des courriels. Dans le cas des courriels du maire de Lachine ces précautions n’ont pas été prises, ce qui rend cet espionnage illégal (ce que devrait savoir Gérald Tremblay qui est avocat de formation).

De plus, le maire Tremblay a également demandé au maire de Lachine de quitter la présidence du Conseil municipal de Montréal compte tenu des faits « troublants » découverts au cours de l’enquête de Pierre Reid (le super-espion). Le dossier à ce sujet aurait été transmis à la SQ en mars 2010. La SQ ne confirme pas que les « preuves » contre le maire de Lachine aient justifié l’ouverture d’une enquête. Il n’est donc pas permis de dire que le maire de Lachine soit sous « enquête policière ».

Hier, Pierre Reid (le super-espion) a été démis de ses fonctions par le maire Tremblay. Je n’ai pas très bien compris s’il a été congédié ou simplement muté ailleurs dans la fonction publique municipale.

À mon avis, les regards devraient maintenant se tourner vers Louis Roquet, le supérieur hiérarchique de Pierre Reid.

On se rappellera qu’alors que Jacques Bergeron (le Vérificateur général de la ville) enquêtait sur les contrats de téléphonie totalisant une somme de 100 millions$ accordés à TELUS, Louis Roquet avait fait couler le rapport confidentiel du Vérificateur en faisant parvenir secrètement une copie de ce rapport à TELUS.

Dans le cas de l’espionnage illégal des courriels de Claude Dauphin, que savait Louis Roquet ? L’ex-espion s’est-il adressé directement à la SQ, sans permission de son supérieur, afin de demander qu’on enquête sur Claude Dauphin ?

De plus, il y a quelques jours, alors que Pierre Reid était encore en fonction, le maire de Montréal déclarait : « Moi, j’ai l’assurance (que Pierre Reid, le super-espion) n’a pas le droit (d’épier les élus). C’est ça qui est important. Et on me dit qu’il ne l’a pas fait. Partant de là, je me fie à ce qu’on me dit et on n’enquêtera pas sur les élus. » C’est qui ça, le « on » de « on me dit » ? Est-ce son plus haut fonctionnaire, Louis Roquet, le supérieur hiérarchique de l’ex-espion ?

Comment se fait-il que le maire Tremblay se contente de demander au directeur général, Louis Roquet, de mettre en place de nouvelles règles de conduite ? Un acte illégal a été commis, son responsable a été congédié, mais est-il le seul responsable ? Comment le saura-t-on si pour le maire, le dossier se ferme avec le congédiement de Pierre Reid ? Pourquoi son attention se porte-il exclusivement contre le maire de Lachine et les faits « troublants » qui l’accableraient ?

Au-dessus de Pierre Reid (l’ex-espion), il n’y avait que deux supérieurs : Louis Roquet et le maire Tremblay. Tant que le scandale s’arrête à Pierre Reid, l’intégrité du maire ne peut être remise en question puisque Louis Roquet lui sert de caution.

Il serait donc utile de savoir qui a transmis le dossier du maire de Lachine à la SQ : est-ce Pierre Reid (l’ex-espion) ou le Directeur général de la ville. Il est certain qu’un dossier d’une telle importance ne peut être transmis verbalement. Il a donc été transmis par écrit. Qui est le signataire de la plainte et peut-on rendre publique la lettre de présentation du dossier ?

Au pire, si c’est le maire Tremblay lui-même, comment a-t-il pu signer une dénonciation aussi grave sans se rendre compte que celle-ci repose sur l’interception illégale de courriels du maire de Lachine ? Signe-t-il aveuglément n’importe quoi ?

Références :
Le désaveu
L’opposition réclame le congédiement de Pierre Reid
Louis Roquet revient à l’Hôtel de Ville
Montréal – La SQ nie avoir suggéré d’espionner Dauphin
Un informaticien a reçu le mandat d’enquêter sur les conseillers municipaux

Gérald Tremblay : marionnette ou manipulateur ?
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