Pour le tatouage dans les cas de transmission volontaire du Sida ?

Dans un jugement de cinquante pages rendu public hier, le juge Richard Poudrier déclarait coupable Michel Lavoie d’avoir transmis délibérément le virus du VIH à son ex-amie et ce, en absence de remords. Il s’agit du premier cas criminel de transmission du Sida rapporté au Québec. Au Canada, on dénombre 47 cas criminels semblables.

L’accusé, originaire de Malartic, est âgé de 44 ans et ne suivait pas de manière adéquate les traitements qui lui étaient prescrits.

Depuis, sa partenaire est non seulement devenue séropositive, mais sidatique (c’est-à-dire qu’elle est visiblement atteinte du Sida).

En mai 2010, après 18 mois de détention provisoire, un autre juge avait remis en liberté l’accusé parce que juge Poudrier (devant qui la cause avait été entendue) était tombé malade. Effectivement, il a fallu attendre onze mois de plus pour connaître la sentence.

Finalement, l’accusé a été condamné hier à six ans et sept mois de prison. Sa détention provisoire comptant en double, Michel Lavoie devra donc passer trois ans et sept mois de plus en prison. Mais il sera admissible à une libération conditionnelle dans environ un an et trois mois.

Je ne veux pas discuter de la sévérité (ou non) de la sentence. Je veux simplement revenir sur les motifs qui justifient qu’on emprisonne quelqu’un.

On le fait pour deux raisons. D’abord pour punir publiquement les coupables et ainsi dissuader ceux qui pourraient être tentés d’imiter leurs gestes répréhensifs. Mais aussi afin de protéger la société durant une période de réflexion au début de laquelle le criminel pourrait ne pas avoir adopté encore la résolution de ne plus recommencer (avec l’espoir d’un repentir avant la fin de sa sentence).

D’après le tribunal, le condamné n’a exprimé aucun regret pour avoir transmis volontairement le Sida à sa partenaire. Il est possible qu’il en soit autrement après qu’il ait purgé sa peine. Mais rien ne le garantit.

Au lieu de l’emprisonner, n’aurait-il pas été plus prudent et plus efficace que Michel Lavoie ait été simplement condamné à se faire tatouer « J’ai le Sida. I have Aids » sur le pénis, avec contrôle policier annuel pour s’assurer que le condamné n’ait pas fait disparaitre l’avertissement ?

Il ne s’agit pas ici de stigmatiser l’ensemble des séropositifs et des sidatiques. Toutefois, à l’égard de ceux condamnés pour avoir transmis sciemment le Sida à l’insu de leurs victimes — pour ces gens-là seulement — pourquoi la société n’adoptera-t-elle pas des moyens qui permettent aux coupables de mener une vie relativement « normale » tout en avertissant sélectivement leurs partenaires sexuels ?

Une telle punition ne donnerait pas de protection absolue aux victimes potentielles, mais ce serait certainement mieux qu’un bref emprisonnement. Qui se rappellera de Michel Lavoie dans un an et trois mois ?

Références :
Michel Lavoie déclaré coupable
Transmission volontaire du VIH : Michel Lavoie condamné à 6 ans et 7 mois de prison
Un accusé attend son jugement depuis six mois

Post-scriptum : Petit détail cocasse. Après avoir publié le billet ci-dessus, j’ai tenté d’en poster un extrait sur le site de Radio-Canada. Or après deux tentatives, l’extrait n’apparaissait toujours pas sur ce site et ce, des heures plus tard. Puis j’ai eu l’idée de remplacer le mot « pénis » par l’euphémisme « petit membre » et quelques minutes après cette troisième tentative, le texte « amélioré » était finalement publié…

Pour le tatouage dans les cas de transmission volontaire du Sida ?
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2 commentaires à Pour le tatouage dans les cas de transmission volontaire du Sida ?

  1. gerard dit :

    Les deux ! Il a tué quelqu’un à petit feu : il faut qu’il paye pour ce qu’il fait, malade ou non

    Le tatouage autour de sa partie intime évidement !

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