WikiLeaks : la saison de la chasse est ouverte

WikiLeaks est un site Web créé en 2006 dans le but de donner une audience aux fuites d’information. Établi en Suède afin de bénéficier de la législation très stricte de ce pays protégeant les sources des journalistes, WikiLeaks s’est fait connaître cette année par quatre publications controversées.

La première concerne une vidéo (publiée le 5 avril 2010) montrant l’assassinat de deux photographes de l’agence de presse britannique Reuters par l’armée américaine, le 12 juillet 2007 à Bagdad. Cet incident était déjà connu : la vidéo montre simplement l’acharnement de l’hélicoptère Apache à éliminer tous les civils — dont les deux photographes de Reuters — essayant de porter secours aux insurgés qu’il venait d’abattre ou de blesser. Depuis, la vidéo s’est retrouvée sur YouTube.

Le 25 juillet 2010, la deuxième publication contenait 91,000 documents militaires américains secrets sur la guerre en Afghanistan. Dans les jours qui ont suivis, WikiLeaks fut le site européen le plus visité.

Le 23 octobre 2010, WikiLeaks a mis en ligne 391,832 documents secrets sur la guerre en l’Irak. Portant sur la période du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2009, ces documents révélaient que cette guerre avait fait environ 110,000 morts — dont 66,000 civils — au cours de cette période et que les troupes américaines avaient livré plusieurs milliers de prisonniers irakiens à des centres de détention pratiquant la torture.

Le 28 novembre 2010, WikiLeaks publiait 250,000 télégrammes confidentiels de la diplomatie américaine. Deux jours plus tard, le fondateur de WikiLeaks faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le cadre d’une enquête pour viol et agression sexuelle, ce qui devrait rendre plus difficiles ses déplacements internationaux.

Au cours des derniers jours, l’ancien gouverneur de l’Arkansas (et possible candidat républicain à la présidence des Etats-Unis), Mike Huckabee s’est prononcé en faveur de l’exécution pour trahison des américains responsables de cette fuite. Ici même au Canada, l’ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Tom Flanagan, a déclaré sur les ondes de CBC que Julian Assange (le fondateur de WikiLeaks) devrait être tué : M. Flanagan s’est excusé depuis. Il y a deux jours, le quotidien Ottawa Sun publiait un billet d’Ezra Levant réclamant lui aussi l’assassinat du fondateur de WikiLeaks. Notons que la législation canadienne interdit les appels au meurtre.

Néanmoins, ces appels sont très commodes. Ils ont été émis par des personnes qui ne représentent la position officielle d’aucun gouvernement. Leur importance vient donc de l’audience qu’ils ont connue.

Si un tel événement tragique survient, s’agira-t-il de l’œuvre évidente de la CIA ou celle de Vladimir Poutine, le président russe, sautant sur l’occasion pour embarrasser les Etats-Unis et excuser ses propres assassinats politiques ? Est-ce une invitation lancée à la CIA de déguiser son commando en unité russe afin de brouiller les cartes ? Bref, les amateurs de roman d’espionnage pourront échafauder tous les complots possibles et imaginables.

Dorénavant, la seule manière pour Julian Assange d’échapper à cette condamnation, est de se rendre aux autorités policières de Suède qui auront alors la responsabilité délicate d’assurer sa protection. Entretemps Tom Flanagan et Ezra Levant — les grandes langues canadiennes — devraient répondre de leurs actes devant la justice de ce pays.

Références :
Flanagan regrets WikiLeaks assassination remark
Le voile levé sur un Canada complexé…
WikiLeaks boss living on borrowed time
Mike Huckabee: WikiLeaks Source Should Be Executed (VIDEO)
WikiLeaks
WikiLeaks dans la mire du gouvernement américain


© — Symbole graphique de WikiLeaks

WikiLeaks : la saison de la chasse est ouverte
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