Le centenaire de L’Action nationale

24 février 2017
Denis Monière, président de la Ligue d’action nationale
Robert Laplante, directeur de la revue L’Action nationale

Le mensuel L’action nationale est l’organe officiel de la Ligue d’action nationale. Financée exclusivement par ses abonnements, c’est la plus ancienne publication francophone d’Amérique et la troisième plus ancienne de toute la francophonie.

Depuis sa fondation en 1917, plus de 17 000 auteurs — dont les plus grands intellectuels québécois du XXe siècle — y ont signé des articles.

Afin de célébrer son centième anniversaire, la revue tenait hier un 5 à 7 auquel une centaine de célébrités et d’invités ont participé.

Armand Vaillancourt, sculpteur-peintre

Une toile de 6’ x 4’, créée en 2011 par l’artiste Armand Vaillancourt, a été désignée œuvre du centenaire. On peut l’entrevoir derrière les conférenciers ci-dessus.

Des reproductions en plus petit format, signées et numérotées par l’artiste, contribueront au financement de cette publication.

Âgé maintenant de 87 ans, Armand Vaillancourt est probablement le plus important sculpteur québécois de la seconde moitié du XXe siècle. Fervent militant indépendantiste, l’artiste a accepté de poser gracieusement pour ce blogue.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8
1re photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 75 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 75 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 75 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les malheurs artificiels

21 février 2017

Avant-propos : je dédie ce texte à mon père.

C’est en 1860 qu’est publié l’essai Les Paradis artificiels de Charles Beaudelaire. Depuis, l’expression désigne toute drogue consommée dans le but de stimuler la créativité poétique et l’invention d’images inédites.

Mais qu’en est-il de leur exact contraire, soit les malheurs artificiels ?

Il y a bien des années, tous les samedis soirs, j’avais l’habitude de m’installer dans un fauteuil bien confortable dans le but d’écouter un opéra.

J’utilisais alors des écouteurs, ce qui me permettait d’entendre le tout à plein volume sans déranger les voisins.

Pour apprécier pleinement l’œuvre, la lecture concomitante du livret était indispensable. D’une part parce que je ne comprends ni l’italien, ni l’allemand, ni le russe, et d’autre part parce que la diction de ceux qui chantent en français laisse habituellement à désirer.

Et puisque l’histoire consiste généralement en un mélodrame à l’issue duquel, par exemple, la petite soprano tuberculeuse meurt dans les bras de son beau ténor, je prenais soin de placer une boite de mouchoirs de papier à côté de mon siège afin d’éponger les traces de mes épanchements sentimentaux.

À l’issue de cette écoute, j’en ressortais les yeux rougis et le cœur apaisé.

D’où mon impression croissante que le fait de partager les malheurs d’autrui pouvait être bénéfique.

Effectivement, on s’habitue à tout. La personne qui vit continuellement dans le bonheur finit par ne plus le ressentir. C’est seulement lorsqu’elle en est privée qu’elle réalise à quel point elle vivait une situation agréable.

C’est comme pour la douleur. On peut dormir lorsqu’on est soumis à une douleur sourde, c’est-à-dire continue. Mais une douleur pulsative est insupportable.

Et pour revenir au bonheur, certains osent même affirmer que le bonheur anesthésie et conduit à la médiocrité.

On ne compte plus les compositeurs qui ont réalisé leurs belles chansons sous le coup d’une rupture amoureuse et qui ont perdu l’inspiration au retour de leur âme chérie. Ou ces romanciers, architectes ou autres, qui, bourreaux de travail, ont réalisé des œuvres colossales en fuyant une vie conjugale infernale.

En somme, le malheur stimulerait bien davantage la créativité que son contraire.

Mais que peut-on faire si on est heureux ? Comment renouveler le sentiment de bonheur lorsqu’on mène une vie sans problème, sans crise, sans drame, bref, quand on mène une vie paisible et sans histoire comme le font des millions de personnes ?

La solution, ce sont les malheurs artificiels.

Si, au théâtre et au cinéma, le mélodrame est un genre complètement démodé, la télévision nous fournit de nombreux exemples de situations réelles (la série Deuxième chance) ou fictives (le feuilleton Unité 9 ou Feux) qui présentent des situations à forte composante émotive.

Ces émissions, immensément populaires, répondent à un besoin. Non pas le besoin masochiste d’éprouver le malheur des personnages, mais plutôt le besoin de ressentir le bienêtre jouissif du retour à notre petite vie heureuse.

Et c’est alors qu’on réalise que l’empathie ne rend pas seulement les gens bons; elle contribue à les rendre heureux.

À l’opposé, l’indifférence face au malheur des autres régularise l’humeur de celui qui cultive une telle attitude, mais au prix du dessèchement de son âme…

Cela illustre le rôle indispensable des artistes. Ils ne servent pas seulement à créer l’émerveillement par la beauté des œuvres qui peuplent nos vies. Ils ne servent pas seulement à révéler le sens profond de l’époque dans laquelle nous vivons. Ils servent aussi à raviver le bonheur qui tend à s’émousser par l’habitude.

Les malheurs artificiels
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’espionnage des téléviseurs Visio

20 février 2017

Fondée en 2002 avec une mise de fonds de 600 000$, la compagnie Vizio est devenue le plus important fabricant américain de téléviseurs.

Ses prix abordables lui ont permis de damer le pion à des géants comme Panasonic, Sony, LG et Samsung.

L’entreprise arrivait à être rentable en collectant et en vendant les données relatives aux habitudes télévisuelles de ses utilisateurs; émissions, films, jeux vidéos, et sites internet regardés.

D’apparence anodine, le réglage appelé ‘Smart Interactivity’ permettait cette collecte de données sur tous les modèles vendus depuis 2011.

Capable de collecter quotidiennement cent-milliards d’informations, le logiciel de reconnaissance de contenu, appelé ‘Inscape’, espionnait onze millions de télévisions et permettait à Vizio d’accumuler une fortune auprès d’annonceurs.

La caméra intégrée au téléviseur, destinée aux appels téléphoniques via l’internet, aurait même pu — théoriquement — réaliser des captures d’écran ou des vidéos clandestins des utilisateurs dans l’intimité de leurs salons ou de leurs chambres à coucher.

Mais, à bien y penser, tous les fureteurs — Google Chrome, Firefox et Safari — procèdent déjà à un tel espionnage depuis des années. Où est le problème ?

Légalement, dans le cas de ces logiciels, il n’y en a pas puisqu’à chaque fois que vous installez une mise à niveau, leurs contrats d’utilisation vous obligent à consentir à cet espionnage.

Toutefois, lorsque vous achetez un téléviseur Vizio, le vendeur ne vous demande jamais de signer un contrat de quarante pages, rédigé en jargon juridique, où quelque part, en petits caractères, vous acquiescez à être espionné.

Voilà pourquoi Vizio vient d’être condamné à payer une amende de 2,2 millions$ à l’issue d’une poursuite intentée par l’Agence américaine du commerce. À l’avenir, cette collecte ne se fera plus par défaut.

Pour ceux qui ont des modèles produits entre 2011 et 2017, on pourra inactiver le réglage ‘Smart Interactivity’ en allant au menu du téléviseur, en choisissant Reset & Admin, et en inactivant le réglage en question.

Références :
Est-ce que votre téléviseur vous espionne?
Government Confirms Vizio TVs Spy on You: How to Stop It
How to make sure your Vizio smart TV isn’t spying on you
Le constructeur Vizio sait tout ce que vous regardez sur votre TV
Vizio

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les soirées Off-Igloo

19 février 2017

Igloofest est un festival extérieur de musique électronique, qui se tient l’hiver depuis 2007 à Montréal.

Cette année, celui-ci avait lieu au Vieux-Port du 12 au 19 février 2017.

En raison du 375e anniversaire de Montréal, les organisateurs lui ont greffé cette année des activités gratuites à l’issue du festival proprement dit.

Cela comprenait, le jour, les Jeux Nordik (le lancer du sapin, les courses à obstacles, etc.) et le soir, les Soirées Off-Igloo dont la dernière se tenait hier.

Au premier plan, le Village Nordik

Devant le site, on pouvait visiter Le Village Nordik. Il s’agissait d’un circuit participatif créé par sept firmes montréalaises de design présentant chacune leur vision d’une habitation hivernale temporaire.

Entrée du festival

L’accès au site était protégé par des fouilles corporelles, les premières dignes de ce nom dans un festival montréalais.

Aperçu de la foule
Atmosphère conviviale du festival

Si la température clémente d’hier soir (+3°C) m’a convaincu d’y faire un tour, pour les autres festivaliers, cela n’a peu d’importance. Même à des températures de -30°C, le festival peut attirer jusqu’à 60 000 personnes.

Ponsolo b2b Ledisko à l’œuvre

Hier soir, les DJ en vedette étaient Hatchmatik, Le Matos, puis Ponsolo b2b Ledisko.

Cliquez pour un aperçu de la musique

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Chagall et la musique — L’œuvre imprimée

18 février 2017
Aperçu de la quatrième salle de l’exposition

C’est en 1923 que l’éditeur et marchand d’art Ambroise Vollard fait connaissance avec Chagall.

Au cours des années qui suivent, il lui commande des eaux-fortes illustrant les Fables de La Fontaine (en 1924-1925), d’autres pour Les Âmes mortes de Nicolas Gogol (en 1925-1931), et d’autres enfin pour l’Ancien Testament (en 1930).

Le choix d’un peintre alors peu connu pour illustrer Gogol pouvait toujours se justifier par le fait que celui-ci était russe.

Mais choisir ce même peintre russe pour illustrer un chef-d’œuvre de la littérature française, les Fables, suscita l’étonnement.

Couverture des Fables de Lafontaine, illustrées par Chagall

À l’exposition montréalaise Chagall et la musique, ce sont des études préparatoires aux Fables qui ont été choisies pour représenter l’œuvre imprimée de Chagall.

Les Grenouilles qui demandent un roi (gouache, vers 1927)
La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf (gouache, vers 1927)

En préparation pour l’impression en noir et blanc, Chagall réalisa une centaine de gouaches qui seront exposées en 1930 à Paris, à Bruxelles et à Berlin.

Les eaux-fortes réalisées d’après ces gouaches ne seront dévoilées qu’en 1950. Une partie d’entre elles sont exposées à Montréal. Leurs différents états montrent la genèse de la gravure en vue de l’édition finale.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 7 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm


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Pascal Bruckner ou la victimisation illusoire

17 février 2017

L’édition d’aujourd’hui du Devoir publie un texte d’un ses collaborateurs à Paris qui vante la parution du livre Un racisme imaginaire — Islamophobie et culpabilité de Pascal Bruckner.

L’extrait disponible sur l’internet illustre parfaitement le talent de cet intellectuel à échafauder de brillantes constructions intellectuelles à partir de matériaux empruntés au réel mais où, au final, le fantasme fait figure de réalité.

Dans cet extrait, l’auteur s’attaque à une manie de la Gauche — la rectitude politique — pour justifier son point de vue. En vertu d’une logique élastique, M. Bruckner en vient à soutenir que le ‘politiquement abject’ de Donald Trump ne pouvait l’amener à prendre le pouvoir qu’en raison des abus du ‘politiquement correct’ de la Gauche américaine.

Essentiellement, M. Brucker souffre de myopie.

En Occident et ailleurs, le fondamentalisme islamiste se propage grâce aux sommes colossales qu’y consacre l’Arabie saoudite.

Cette expansion s’est faite avec la complicité du grand capital. En effet, celui-ci cultive ses liens avec la dictature saoudienne en raison des lucratifs contrats d’armement qu’elle accorde et en raison de la fuite des capitaux orchestrée dans les pétromonarchies au profit de nos économies.

On estime, par exemple, que la dynastie saoudienne et de grands entrepreneurs de ce pays possèdent collectivement environ huit pour cent de l’économie américaine, soit bien davantage que les fortunes combinées de Warren Buffett et de Bill Gates.

Or parallèlement à cette amitié entre le grand capital et l’Arabie saoudite, se déploie une collusion entre le désir hégémonique régional de la dictature saoudienne et le désir américain de priver la Russie de ses alliés dans le mode arabe (Tunisie, Irak et Syrie). D’où les guerres régionales qu’on y a livrées.

Au sein des pays occidentaux, les mouvements de Droite instrumentalisent la crainte légitime d’attentats terroristes alors que dans les faits, le djihadisme se nourrit de l’indignation provoquée dans les pays arabes par la guerre coloniale menée par Israël en Palestine et par la série de guerres prédatrices de l’Occident dans des pays producteurs de pétrole.

C’est donc avec beaucoup de scepticisme que je prends connaissance de la thèse simpliste de Pascal Bruckner.

Ce que je reproche à M. Bruckner, c’est de ne pas réaliser que la propagande haineuse dirigée contre les Musulmans de nos pays — propagande haineuse qu’il condamne — s’alimente d’un discours victimisant auquel il contribue.

Selon la thèse de M. Bruckner, le terme d’islamophobie anéantit toute parole critique envers l’islam. Il a pour but de bâillonner les Occidentaux.

S’il est vrai que certains imams radicaux ont tenté de museler ceux qui les critiquent en les accusant d’islamophobie, il faut préciser que cette tactique n’a jamais réussi.

Le quotidien parisien Le Monde souligne plutôt que la jurisprudence française est du côté de la liberté d’expression et même du droit au blasphème et non du côté des ‘islamo-gauchistes’.

De plus, des millions de personnes alimentent déjà les médias sociaux de propos haineux à l’égard de l’Islam et des Musulmans. Au point que certains d’entre nous se sentent investis de la mission de les ‘punir’ pour ce qu’on leur reproche.

Si M. Bruckner se sent muselé par les accusations d’islamophobie, c’est son problème à lui et non le nôtre.

De plus, selon le chroniqueur du Devoir, « l’intérêt principal de ce livre réside dans le brio avec lequel l’auteur démontre à quel point ce crime d’islamophobie sert d’abord à condamner ceux qui, de l’intérieur même de l’islam, cherchent à réformer cette religion.»

En réalité, dans les pays où la charia a force de loi, ceux qui s’opposent au fondamentalisme ne sont pas condamnés pour islamophobie — ce qui serait ridicule puisque l’Islam y est omniprésent — mais pour apostasie ou pour insulte à l’Islam, ce qui est très différent.

Quant à l’argument, rapporté par le chroniqueur du Devoir, selon lequel «…si l’Europe est si islamophobe, pourquoi vient-on s’y réfugier par millions ?», je ne peux pas croire ni M. Bruckner ni le chroniqueur du Devoir n’ont réalisé que la crise migratoire en Europe tire sa source des guerres que nos pays ont provoquées ou qu’ils ont laissé faire si près de leurs frontières.

De plus, je note l’accusation adressée à «…une Gauche exténuée en mal de prolétariat…». La formule est amusante mais tourne à l’aveuglement.

La xénophobie et l’intolérance sont des caractéristiques fondamentales de tout mouvement de Droite.

Au Québec, le discours haineux vient des radiopoubelles (également hostiles à la ‘gogauche’). Or ce discours fleurit dans les régions du Québec où prospère l’idéologie de Droite.

La Droite utilise les peurs sécuritaires représentées par des mouvements terroristes en exagérant la dangerosité des Musulmans occidentalisés et pacifiques qui habitent nos pays et en bloquant toute ouverture à l’autre au nom des valeurs traditionnelles en péril.

De tout temps, la Droite est au service des possédants. Or le 1% ne peut dominer une Démocratie que s’il peut s’appuyer sur suffisamment d’électeurs pour porter au pouvoir ceux qui sont à son service. Pour ce faire, il faut dresser le peuple contre lui-même.

Alors que la majorité de la nouvelle richesse est accaparée par le 1% et que stagnent les revenus des classes moyennes, il faut convaincre celles-ci que c’est à cause du poids fiscal des assistés sociaux et des impôts qui servent à payer une fonction publique hypertrophiée. Et non à cause de l’évasion fiscale qui cache au fisc des milliers de milliards$ à travers le monde.

Et pour détourner la colère du peuple, quoi de mieux également que cette recette séculaire qui consiste à pointer du doigt une minorité ethnique ou religieuse…

Qui a accordé la citoyenneté canadienne à l’imam Charkaoui ? Le gouvernement de Droite de Stephen Harper. Qui a accordé la citoyenneté canadienne à des milliers de femmes niqabées ? Ce même gouvernement.

Pourquoi ? Parce que la Droite a besoin d’épouvantails qui alimenteront la xénophobie qui lui permet de dominer le peuple.

Références :
Islamophobie — Un racisme imaginaire ?
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
Pour Pascal Bruckner, l’« islamophobie » relève de l’illusion

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Crimes haineux dans 21 villes canadiennes en 2014

16 février 2017

Par 100 000 personnes, voici le taux de crimes haineux rapportés dans 21 villes canadiennes.

Précisons que ces données sous-estiment l’ampleur réelle des crimes haineux. Une étude effectuée en 2009 a révélé qu’environ les deux tiers des victimes d’un incident au cours des douze mois précédents n’ont pas signalé l’incident en question à la police.

Plus des deux tiers (69 %) des crimes haineux sont de nature non violente (par exemple, des méfaits contre des biens religieux).

Sont considérés comme violents, les crimes impliquant des voies de fait, des menaces adressées directement à la victime, et du harcèlement criminel.

Les auteurs des crimes haineux sont principalement des jeunes (57% de moins de 25 ans) et de sexe masculin (84%).

Références :
Attentat de Québec : des leçons à tirer de Peterborough?
Crimes haineux

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Starmania, l’opéra prophétique

15 février 2017

 

 

Un télé-crochet se définit comme une émission télévisée conçue comme un concours de chant, où les candidats sont soumis au vote d’un jury.

Le 21 janvier dernier, au télé-crochet Singer 2017 de la chaine chinoise Hunan-TV, un jeune Kazakh appelé Dimash Kudaibergenov, 22 ans, interprétait SOS d’un terrien en détresse.

Disponible sur l’internet, son interprétation a été vue des millions de fois en trois semaines.

Or cette chanson, redoutée par les interprètes en raison de sa difficulté, est tirée d’un opéra rock futuriste appelé Starmania, écrit il y a trois décennies par Michel Berger et Luc Plamondon.

Dans la foulée de ce succès médiatique, on me permettra d’attirer l’attention sur une partie du libretto qui, de nos jours, prend des allures prophétiques.

Du haut de sa Tour Dorée de 121 étages, Zéro Janvier est le maitre de l’Occident unifié. Il s’agit un milliardaire devenu président de l’Occident après avoir fait campagne sur le retour à l’ordre, le saccage nécessaire des richesses naturelles, et sur l’édification d’un nouvel ordre mondial.

Le discours électoral que lui a écrit Luc Plamondon est le suivant :

La foule :

Zéro Janvier,
Président de l’Occident.
(trois fois)

Zéro Janvier :

Pour enrayer la nouvelle vague terroriste,
Nous prendrons des mesures extrémistes.
Nous imposerons le retour à l’ordre
Si on ne peut pas vivre dans la concorde.
Nous mettrons la capitale
Sous la loi martiale.

La foule :

Zéro Janvier,
Président de l’Occident.

Zéro Janvier :

En ce qui concerne la pénurie d’énergie,
Vous connaissez déjà ma stratégie :
Quand nous aurons vidé le fond des mers,
Nous serons prêts à vivre ailleurs que sur terre.
Notre prochaine capitale
Sera une station spatiale.

La foule :

Zéro Janvier,
Président de l’Occident.

Zéro Janvier :

Cessons de nous ruiner pour le tiers monde
Qui nous remerciera bientôt avec des bombes.
Assurons d’abord notre survivance.

Je suis, pour l’Occident, l’homme de la dernière chance.
Je suis, pour l’Occident, l’homme de la dernière chance.

Nous bâtirons le nouveau monde atomique
Où l’homme ne sera plus esclave de la nature
Laissons le passé aux nostalgiques
Vivons l’aventure du futur.

Starmania, l’opéra prophétique
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le désert de l’amour

14 février 2017

Le taux de natalité au Japon est le 224e au monde. Par mille personnes, on y compte plus de morts (9,6) que de naissances (7,8).

En plus, son imperméabilité à l’immigration fait en sorte que son taux de croissance démographique est au 214e rang mondial. Depuis une décennie, sa population décroit.

En 2012, le taux de fertilité avait légèrement augmenté mais le nombre des naissances avait diminué. Ce paradoxe s’explique par la diminution du nombre des femmes en âge d’enfanter (sur lesquelles serait calculé le taux de fertilité); l’âge moyen de la mère à la naissance de son premier enfant est de 30,2 ans.

C’est également en 2012 que pour la première fois au Japon, les ventes de couches pour adulte ont dépassé celles des couches pour bébé.

Le ratio des retraités vs la population active représente une menace pour les finances publiques, de loin les plus endettées au monde (230% du PIB).

Au rythme actuel, sa population actuelle de 126 millions de personnes aura diminué du tiers en 2060.

Dans ce pays, les adolescentes et les femmes de moins de 25 ans adoptent des tenues vestimentaires à l’allure virginale et prépubère, agissant comme un repoussoir auprès des garçons de leur âge.

Comme des moines, les jeunes hommes japonais apprécient la beauté féminine mais ont appris à vivre sans relation sexuelle, la vie de couple étant estimée trop compliquée pour eux.

Des treize millions de célibataires qui vivent chez leurs parents, trois-millions ont plus de 35 ans.

61% des hommes et 49% des femmes y sont non seulement célibataires, mais libres de toute attache sentimentale. Bref, le Japon est le désert de l’amour.

La soumission à l’autorité fait en sorte que les employeurs s’attendent à ce que les employés acceptent toute demande d’heures supplémentaires et toute modification de l’horaire de travail.

Ces contraintes sont lourdes à supporter pour les femmes qui ont des responsabilités familiales. De plus, environ 70% des Japonaises quittent leur emploi à la naissance de leur premier enfant.

Voilà pourquoi, dans les grandes entreprises japonaises, un certain nombre de travailleurs masculins forment le cœur de la force de travail permanente, auquel se greffe une force d’appui temporaire composée de quelques autres travailleurs masculins mais surtout de femmes.

Dans le pays, le taux d’activité professionnelle des femmes est de 50% (comparativement à 78% pour les hommes). Seules 55% des femmes ont un emploi jugé régulier, comparativement à 87% chez les hommes.

Au sein de la société patriarcale japonaise, cette discrimination crée une pression indue chez les femmes soucieuses de conserver leur autonomie financière ou désireuses de poursuivre une vie professionnelle. Celles-ci en viennent donc à considérer sans enthousiasme la perspective d’une vie de famille.

On estime que 40% des jeunes Japonaises ne connaitront jamais la maternité.

Parallèlement à la montée du célibat, les nouveaux appartements sont de plus en plus petits, les restaurants où les clients mangent debout se multiplient, et les portions uniques à l’épicerie deviennent la norme.

Mais j’y pense : quel drôle de texte pour la Saint-Valentin…

Références :
CIA World FactBook
Japan’s fertility rate logs 16-year high, hitting 1.41
Les mutations du marché du travail japonais
et ses conséquences sur le modèle de
croissance

Why have young people in Japan stopped having sex?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — Les racines

13 février 2017

Au sortir de la première salle de l’exposition, les visiteurs accèdent à deux salles successives consacrées aux racines culturelles et religieuses de Chagall.

Les origines

Aperçu de la deuxième salle de l’exposition

De forme circulaire, la première salle présente certaines des toiles les plus personnelles de Chagall alors que la suivante, rectangulaire, illustre les thèmes récurrents du peintre.

Dans cette salle, deux œuvres ont attiré mon attention.

David à la mandoline (1914)

Dans cette composition oblique où aucune ligne importante n’est droite, Chagall représente son frère David, décédé plus tôt cette année-là de la tuberculose.

Le musicien est représenté en plongée, entouré de noir, le teint verdâtre, le regard triste tourné vers le sol, donnant l’impression qu’il est sur le point de basculer dans le vide.

Serrant la caisse de résonance de sa mandoline sur le cœur, David pince un médiator triangulaire (forme symbolique divine) comme si la musique pouvait emprunter la voix de Dieu pour le réconforter sur le chemin de la mort.

Homme-coq au-dessus de Vitebsk (1925)

Exilé à Paris, Chagall représente peut-être ici son désir de retourner un jour dans sa ville natale, Vitebsk, y annoncer le renouveau — comme le coq annonce le lever du jour — et l’espoir d’un avenir heureux (comme le suggère son costume de saltimbanque).

Les thèmes

Aperçu de la troisième salle de l’exposition

C’est dans cette salle que le spectateur prend la juste mesure de l’immense talent de Chagall.

La Naissance (1911-1912)
La Mort (1908-1909)
Le Rabbin de Vitebsk (1914-1922)
Le Violoniste vert (1923-1924)
Golgotha (1912)

Chez Chagall, la crucifixion de Jésus de Nazareth symbolise la persécution et la souffrance du peuple juif.

Ici, la nudité de Jésus est cachée par un tissu orné d’étoiles de David : dans d’autres de ses œuvres, Chagall utilisera plutôt un talit, ce châle de prière juif.

Cette grande toile, vendue à Berlin en 1914, sera la première œuvre de Chagall vendue hors de Russie.

Autoportrait aux sept doigts (1912)

Cette toile fait référence à un proverbe yidiche selon lequel celui qui fait les choses de ses sept doigts s’applique de tout son cœur.

C’est l’équivalent de l’expression québécoise ‘donner son 110%’.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re et 4e photos) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
 1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
 2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
 3e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
 4e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
 5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
 6e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
 7e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
 8e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
 9e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
10e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm


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Chagall et la musique — Les racines
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