La production canadienne de légumineuses

20 janvier 2017

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a déclaré 2016 l’année internationale des légumineuses.

Les légumineuses sont des plantes dont le fruit est une gousse contenant une ou plusieurs graines. Chacune de ces graines est formée de deux cotylédons hémisphériques ou aplatis.

La famille des légumineuses se divise en deux groupes distincts.

Les plus abondantes sont cultivées pour leur huile; ce sont le soya et l’arachide, considérés comme des oléagineux.

Les autres sont cultivées spécifiquement pour leurs graines. Ces dernières sont appelées légumineuses à grains : ce sont les gourganes, les haricots secs, les lentilles, les pois chiches et les pois secs.

Il se produit 300 millions de tonnes de légumineuses dans le monde, dont 70 millions de tonnes de légumineuses à grains.

Le Canada en est le deuxième producteur mondial, après l’Inde. Mais la production indienne ne suffit pas à satisfaire son marché intérieur. Voilà pourquoi ce pays n’est pas un concurrent du Canada; au contraire, c’est notre principal client.

De manière générale, les trois quarts de la production canadienne sont exportés.

Nous en produisons 5,6 millions de tonnes : 3,4 tonnes de pois secs, 1,8 million de tonnes de lentilles, 278 milles tonnes de haricots et 131 milles tonnes de pois chiches.

La production canadienne se concentre en Saskatchewan (79,3%), suivie de loin par l’Alberta (16,2%), l’Ontario (1,8%) et le Manitoba (1,6%). La part du Québec est insignifiante (0,2%).

Références :
Cotylédon
Fabaceae
L’ONU désigne 2016 année des légumineuses
Pois cultivé
Production de blé canadien en hausse de 35 %

Source de la gravure : Delafosse G. Précis élémentaire d’histoire naturelle. 3e édition. Paris: Hachette, 1836.

La production canadienne de légumineuses
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fable des amours du singe et de la biche

17 janvier 2017

 

 
La semaine dernière, la nouvelle de l’accouplement d’un macaque et d’une biche sika a fait le tour du monde.

L’incident est survenu en novembre dernier sur l’ile romantique d’Yakusshima, en pleine saison de reproduction des macaques japonais.

Publiée dans la revue scientifique Primates, l’étude à ce sujet est signée par de sérieux chercheurs de l’université de Strasbourg et de l’université japonaise de Teikyo, témoins de la scène.

Selon les chercheurs, cette liaison d’une dizaine de secondes n’assurera pas de descendance ni à l’un ni à l’autre parce que les anatomies respectives des deux animaux ne permettent pas de pénétration.

Selon Radio-Canada, il s’agirait du quatrième exemple enregistré de relations sexuelles entre deux espèces différentes; dans les années 1990, un éléphant avait été vu tentant de s’accoupler avec un rhinocéros; en 2008, un chimpanzé avec une grenouille; et en 2014, un phoque avec un manchot empereur.

S’il m’est permis de passer sous silence le rôle des poupées gonflables, on me permettra de m’attarder sur le cas des chiots qui ‘zignent’.

Depuis des millénaires, tous les propriétaires de chiens savent qu’à l’adolescence, beaucoup de chiots ‘zignent’; ils se dressent sur leurs pattes d’en arrière pour frotter leurs organes génitaux sur la jambe d’un être humain, par exemple. Cela fait partie de la découverte normale de la sexualité chez les canins.

Cela m’est déjà arrivé lors d’un souper de famille où, malheureusement, aucun chercheur universitaire n’était invité.

Si cela avait été le cas, nos rapports sexuels auraient fait la couverture du Monde et j’en serais peut-être à conseiller les scénaristes d’un film de Walt Disney intitulé Le Bel et la Bête, dont la chanson-thème serait évidemment chantée par Céline Dion…

Références :
Interspecies sexual behaviour between a male Japanese macaque and female sika deer
Quand un singe tente de s’accoupler avec une biche
Un rapport sexuel entre un singe et une biche observé au Japon

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’éclairage urbain à DEL

16 janvier 2017
© NASA — Vue aérienne de l’éclairage au sodium de la région métropolitaine

Depuis 1990, les rues de Montréal sont éclairées la nuit par des lampes à sodium. Celles-ci émettent une lumière orangée.

Comme d’autres villes nord-américaines avant elle, Montréal songe à les remplacer par des lampes utilisant des diodes électroluminescentes (DEL).

Ce changement couterait environ 110 millions$ et s’effectuerait sur cinq ans.

Puisqu’il y a 110 000 lampadaires à remplacer, le cout unitaire du replacement serait d’environ mille dollars par lampadaire, ce qui comprend 500$ de main-d’œuvre pour effectuer l’opération.

Cela permettrait de réduire de moitié la facture d’électricité nécessaire à l’éclairage des rues et des trottoirs (estimée à 12,9 millions$ annuellement) en plus de réduire de 55% les frais d’entretien.

Sur vingt ans, cela représenterait des économies de 278 millions$… en supposant qu’une nouvelle technologie irrésistible ne vienne pas remplacer celle-ci dans l’intervalle.

Les lumières à DEL qui se distinguent par la couleur qu’elles émettent. Tout comme un grand nombre de villes nord-américaines, Montréal s’apprêter à se doter d’un éclairage urbain à DEL blanches.

Il y a plusieurs manières de créer de la lumière blanche. Le soleil émet une gamme presque continue de rayons lumineux qui couvrent tout le spectre visible. En synthèse additive, on obtient une lumière blanche en combinant trois faisceaux lumineux : un bleu, un rouge et un vert.

Parmi les solutions alternatives, on peut arriver au même résultat en combinant un faisceau de lumière jaune et un autre bleu. C’est ce que font les DEL blanches.

Mais les projets de la ville rencontrent des réticences. Certaines études ont révélé des effets néfastes des DEL blanches en raison de la lumière bleue qu’elles émettent.

Le soleil et les DEL blanches ne sont pas les seuls à émettre de la lumière bleue; tous les écrans à cristaux liquides font de même. Cela comprend donc nos écrans de télévision, les écrans de nos ordinateurs, de nos ardoises électroniques et de nos téléphones multifonctionnels.

Bref, nous sommes bombardés de lumière bleue à longueur de journée.

Ce qui complique la discussion, c’est que la qualité des études scientifiques à ce sujet varie beaucoup. Il est indiscutable que la lumière bleue inhibe la sécrétion de la mélatonine et conséquemment, nuit à l’endormissement. De plus, une intense lumière bleue aggrave la dégénérescence maculaire liée à l’âge; en somme, elle abime la vue lorsqu’elle est trop forte.

Quant au reste, il y a peu d’expériences cliniques. De nos jours, puisqu’il est mal vu de faire souffrir des animaux, les études scientifiques utilisent des animaux pour lesquels on a peu de sympathie, c’est à dire des rongeurs.

S’il est vrai que nous partageons environ la moitié de notre bagage génétique avec le rat, sa vision est très différente de la nôtre. En effet, l’humain est un animal diurne alors que le rat est nocturne. De manière générale, les rongeurs passent une bonne partie de leur vie dans leur tanière, dans des égouts, dans nos greniers ou dans l’épaisseur de nos murs.

Bref, si la lumière bleue était aussi toxique à l’humain qu’elle l’est pour le rat, nous serions tous aveugles.

De plus, je n’ai pas très bien compris pourquoi on ne devrait pas nuire à l’endormissement de ceux qui conduisent dans nos rues.

Ce qu’il faut toutefois retenir des mises en garde des ophtalmologistes et de l’Association médicale américaine, c’est que nous sommes soumis à trop de lumière bleue.

La question est de savoir dans quelle mesure l’éclairage urbain contribue à cet excès.

Dans les municipalités où on a adopté l’éclairage à DEL blanches, il ne semble pas qu’on ait réalisé des études destinées à mesurer la quantité totale de lumière bleue à laquelle les citoyens sont exposés au cours d’une journée ni mesuré la contribution respective du soleil, des écrans électroniques et de l’éclairage urbain.

Si on exclu le cas particulier du citoyen qui dort la fenêtre ouverte près d’un lampadaire à DEL puissant, ma présomption est que les mises en garde au sujet des dangers de la lumière bleue concernent beaucoup plus l’exposition prolongée devant les écrans d’appareils électroniques que le cas de ces piétons et de ces automobilistes exposés pendant une courte période de temps à un éclairage urbain à DEL blanches.

Dans la mesure où des filtres à lumière bleue existent déjà et permettent d’oranger la lumière des DEL blanches (afin de la rendre semblable à la couleur émise par des luminaires à sodium), il sera toujours possible de corriger le tir si jamais il s’avère que l’achat de luminaires à DEL blanches était une erreur. Pour l’instant, l’acquisition de lampadaires à DEL blanches permettent d’enclencher des économies à long terme.

Références :
Des gradateurs pour ajuster la luminosité des lampadaires DEL
La lumière bleue est-elle dangereuse ?
La lumière bleue et notre santé
LED street light
Les ampoules DEL dangereuses pour les yeux?
Projet de mise à niveau de l’éclairage de rue à Montréal

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Chippendales du PQ ou l’art de déchirer sa chemise en public

14 janvier 2017


 
Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, cinq Indépendantistes influents critiquent certaines des modifications que M. Jean-François Lisée, chef du Parti québécois, se propose d’apporter au programme de sa formation politique.

Soumettre les CÉGEPs anglophones à la Loi 101

Selon les signataires, «…il est si essentiel que le champ d’application de la Charte de la langue française soit étendu au collégial, agissant ainsi en amont du monde du travail.»

En somme, ils veulent limiter l’accès des CÉGEPs anglophones aux seuls angloQuébécois. Il s’agit d’une mesure que ni René Lévesque, ni Jacques Parizeau, ni Lucien Bouchard, ni Bernard Landry, ni Pauline Marois n’ont entreprise.

Pourquoi aucun gouvernement péquiste n’a osé faire cela jusqu’ici ? Parce que le problème était moins important, répondent les signataires.

Le fond de l’histoire, c’est que M. Lisée veut enlever du programme du PQ une disposition qui permettrait aux Libéraux de crier au loup. Une mesure qui, de toute manière, ne serait mise en application ni par lui ni par personne d’autre.

Au niveau collégial, 23% des parents québécois jugent — à tort ou à raison — que leurs adolescents devraient suivre leurs cours en anglais.

J’inviterais les protestataires à se demander pourquoi tant de parents pensent ainsi. Promouvoir un programme électoral de type ‘punitif’ pour corriger le peuple de ses défauts n’est pas très vendeur.

En contrepartie, au niveau des CÉGEPs anglophones, M. Lisée propose que tous les finissants réussissent un examen de français avant de recevoir leur diplôme. Conséquemment, le français devient alors l’équivalent d’une matière obligatoire.

Même auprès des parents angloQuébécois, cela se justifie au nom de l’employabilité. De plus, c’est une mesure facile à mettre en application et qui a l’avantage indiscutable d’être mieux que rien.

Les cours de francisation aux immigrants

Les auteurs de la lettre ouverte écrivent : « …étant donné qu’encore aujourd’hui, plus de 200 000 Québécois issus de l’immigration ne parlent pas un mot de français, les cours de francisation devraient être obligatoires et les allocations pour ce faire, bonifiées.»

Les cours de francisation demeureront nécessaires dans le cas des réfugiés. M. Lisée se propose de les maintenir et de les rémunérer.

Mais les signataires radotent au sujet des travailleurs qualifiés. Ce que M. Lisée propose à leur sujet est beaucoup plus radical et beaucoup plus efficace : le candidat à l’immigration et son conjoint devront démontrer une connaissance intermédiaire ou avancée du français, sinon ils ne recevront pas de certificat de sélection.

En d’autres mots, un travailleur qualifié ne pourra pas mettre le pied au Québec s’il ne connait pas déjà le français. Peut-on trouver une meilleure motivation à apprendre notre langue ?

Fini les excuses des néoQuébécois qui ont renoncé à apprendre le français au Québec sous le prétexte que c’était trop difficile.

L’unilinguisme français de l’État québécois

Les signataires écrivent : «…il faut considérer comme prioritaire de mettre fin au bilinguisme institutionnel dans les services gouvernementaux.»

Qualifiant cette mesure de vexatoire et de mesquine, M. Raymond Labelle réplique : « Refuser de parler anglais au citoyen unilingue anglais qui cherche à payer ses impôts, se fait soigner, va au CLSC ou demande des renseignements sur son permis de conduire ne se fait pas en pratique de toute façon – c’est pour ça que ça n’arrivait pas même sous les gouvernements du PQ.»

Je ne saurais pas dire mieux.

Conclusion

Depuis des décennies, j’assiste impuissant à l’anglicisation de Montréal pendant que le PQ — qui devrait nous protéger — se déchire dans des débats futiles. Cette lettre publiée dans Le Devoir en est un exemple.

Le PQ est né d’un mouvement politique, le Mouvement Souveraineté-Association. Il a malheureusement conservé les attributs d’un simple mouvement politique, notamment un programme truffé de mesures ‘décoratives’.

Sont décoratives les mesures que personne n’a l’intention de mettre en application, qu’aucun gouvernement péquiste n’a implantées alors qu’il était au pouvoir, mais qui demeurent dans le programme parce que cela fait joli.

Or un programme politique se définit comme un ensemble de mesures qu’un parti s’engage à mettre en place une fois élu.

Retirer du programme des mesures indéfendables et les remplacer par d’autres, simples et efficaces, voilà ce que proposent les nouveaux dirigeants du PQ. Et voilà justement ce qui m’a incité à adhérer au PQ; voir ce parti renouveler son idéologie vieillissante, pleine de belles résolutions creuses.

Au cours des mois qui viennent, les propositions présentées aujourd’hui feront l’objet de discussions parmi les membres de chaque circonscription. Et ces propositions, amendées ou non, seront soumises à un congrès en septembre 2017 pour approbation finale.

Pour les signataires de cette lettre ouverte, qu’est-ce qui justifiait l’urgence de déchirer leurs chemises sur la place publique ? Sont-ils à ce point désespérés de ne pouvoir se faire entendre de la direction du PQ ?

Je suggèrerais à nos Chippendales de se rhabiller et d’en discuter calmement, entre amis, devant les diverses instances du PQ.

Références :
Langue française: Lisée rencontre de la résistance
La proposition de Jean-François Lisée est insuffisante
Le PQ et la francisation des immigrants

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le PQ et la francisation des immigrants

13 janvier 2017

Introduction

Sur le site du Devoir et de Radio-Canada, on apprenait hier que le Conseil national du Parti Québécois présentera demain une nouvelle politique relative à la francisation des immigrants.

Deux fois par année, un Conseil national réunit deux délégués provenant de chacune des circonscriptions du Québec.

Cet hiver, les propositions présentées à cette réunion feront l’objet de discussions parmi les membres de chaque circonscription. Et s’il y a des amendements, ceux-ci seront soumis à un congrès en septembre 2017.

Les propositions, amendées ou non, deviendront alors la position officielle du Parti québécois.

Francisation des immigrants

Parmi les candidats à l’immigration, le PQ fait la distinction entre les travailleurs qualifiés et les réfugiés.

Les travailleurs qualifiés

Les dirigeants du PQ veulent que 100% des travailleurs qualifiés parlent français avant d’arriver au Québec.

En d’autres mots, avant de recevoir un certificat de sélection, le candidat à l’immigration et son conjoint doivent démontrer une connaissance intermédiaire ou avancée du français. Sinon, leur demande sera rejetée.

Ce faisant, le PQ s’inspire de la Grande-Bretagne. Dans ce pays, l’immigrant ne peut pas mettre le pied sur le sol britannique s’il n’a pas déjà la connaissance de l’anglais. De manière conséquente, un citoyen britannique ne peut pas faire venir son conjoint de l’Étranger si cette personne ne parle pas l’anglais.

Ce qui distingue le Canada de la Grande-Bretagne, c’est que la Cour suprême du Canada a déjà fait savoir — dans son jugement relatif aux écoles passerelles — que la réunification des familles est de la plus haute importance à ses yeux. Conséquemment, il est probable que les tribunaux canadiens invalideront tout refus d’accorder la citoyenneté à un conjoint pour des motifs linguistiques. Alors qu’en Grande-Bretagne, la Cour suprême de ce pays a déjà reconnu la validité du refus de permettre l’immigration du conjoint qui ne parle pas l’anglais.

Tout cela pour dire que le PQ a raison d’étendre l’exigence de la connaissance du français au conjoint du requérant.

En comparaison, la Coalition avenir Québec propose d’obliger tous les membres d’une même famille à suivre un programme de francisation une fois qu’ils sont accueillis au Québec.

L’idée est excellente. Malheureusement, elle est anticonstitutionnelle; la Canadian Constitution de 1982 consacre le droit absolu de tout citoyen canadien de s’assimiler au groupe linguistique de son choix. Or la célèbre cause du niqab nous a appris que même les immigrants reçus ont des droits constitutionnels. En d’autres mots, même si on n’est pas encore citoyen canadien, on est protégé par cette constitution dès qu’on est admis au pays, ce qui invalide la proposition de la CAQ.

Une fois au Canada, l’immigrant ne peut donc pas être forcé à parler français. Alors que, demeuré à l’Étranger, il ne peut invoquer les dispositions de la Canadian Constitution.

Les réfugiés

Il serait cruel d’obliger un requérant en danger de mort dans son pays à demeurer chez lui jusqu’à ce qu’il ait appris le français.

Dans le cas des réfugiés, ceux-ci seraient admis au Québec et rémunérés pendant plusieurs mois pour apprendre le français. Un échec n’entrainerait cependant pas leur expulsion (contrairement à ce que propose la CAQ).

Les propositions extramigratoires

Dans sa tournée des salles de rédaction et des médias, le chef du PQ a également présenté des éléments de la politique linguistique de son parti qui dépassent le cadre strict de la francisation des immigrants.

La francisation des petites entreprises

M. Jean-François Lisée a réitéré l’intention du PQ d’étendre l’obligation d’obtenir un certificat de francisation aux entreprises de 25 à 49 employés. Cette obligation existe déjà pour les entreprises de cinquante employés et plus.

Cette mesure ferait d’une pierre deux coups.

Elle créerait une incitation majeure à apprendre le français puisqu’il deviendrait à peu près impossible pour un immigrant qui ne connait pas le français de décrocher un emploi au Québec.

De plus, elle règle les difficultés des Francophones québécois à être servis dans leur langue au Québec. En effet, la grande majorité des plaintes à l’Office de la langue française relatives à la langue de service concernent des petites entreprises (notamment des restaurants) dont le personnel ne parle pas le français.

Le Parti libéral s’y oppose catégoriquement. Quant à la CAQ, elle préfère émettre le vœu que les entreprises s’y soumettent volontairement alors qu’elles ont déjà toute la liberté de se franciser volontairement.

Pas de diplôme universitaire sans connaissance du français

Selon M. Lisée, vingt pour cent des jeunes angloQuébécois se déclarent unilingues. Plus précisément, le pourcentage d’étudiants anglophones qui connaissent le français diminue progressivement de la fin du secondaire à la fin des études universitaires. Selon le chef du PQ, aux CÉGEPs et aux universités anglophones, les jeunes angloQuébécois désapprendraient le français.

Cet unilinguisme constitue un handicap sur le marché du travail et pousse ces jeunes diplômés à s’exiler à la fin de leurs études. Cela constitue un gaspillage des fonds publics puisque la société québécoise paie la grande majorité du financement de ces maisons d’enseignement et perd alors les fruits de cet investissement.

Au niveau des CÉGEPs anglophones, le PQ exigera que tous les finissants réussissent un examen de français avant de recevoir leur diplôme. Conséquemment, le français devient alors l’équivalent d’une matière obligatoire.

Au niveau universitaire, les choses se compliquent.

Les universités anglophones du Québec accueillent des centaines d’étudiants étrangers (notamment américains) qui viennent recevoir dans une institution comme McGill une formation de très grande qualité à un cout substantiellement inférieur à celui exigé par les universités de leur pays.

Chacun d’eux investit annuellement plus de 17 000$ dans l’économie québécoise sous forme de frais de subsistance, ce qui correspond à un investissement annuel de millions de dollars dans l’économie québécoise pour l’ensemble de ceux-ci.

Selon Radio-Canada, M. Lisée entend dialoguer avec les universités anglophones du Québec afin de les convaincre que tout étudiant d’origine québécoise doit être appelé à démontrer sa capacité de travailler en français dans son domaine pour obtenir son diplôme. Dans le cas des étudiants étrangers, ils se verraient plutôt proposer un cours d’initiation au français.

On peut présumer de l’enthousiasme des universités anglophones à servir de police de la langue pour le compte du gouvernement péquiste et leur motivation crépusculaire à séparer le bon grain québécois de l’ivraie étrangère. Je vois déjà les caricatures postées sur les médias sociaux montrant les étudiants universitaires angloQuébécois décorés d’une fleur de lis jaune brodée à la poitrine pour les distinguer des autres…

Pour ne rien vous cacher, je crois que cette proposition est superflue.

Étendre la Loi 101 à toutes les entreprises d’au moins 25 employés fera en sorte qu’il sera très difficile pour l’étudiant unilingue anglais de trouver un emploi d’été lui permettant de financer ses études. D’où une motivation nouvelle à maintenir ses connaissances du français.

Les stages scolaires dans l’autre langue officielle

Selon Le Devoir, pour contrer l’attrait du CÉGEP anglais chez les étudiants provenant des écoles francophones, les CÉGEPs français seraient appelés à leur fournir un parcours d’anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un CÉGEP anglais.

Voilà une idée très intéressante.

De nos jours, la langue anglaise est l’équivalent de ce qu’était la langue romaine au sein du clergé chrétien du Moyen-Âge. La connaissance de l’anglais est un atout incontestable. Conséquemment, la grande majorité des parents québécois souhaitent que leurs enfants puissent comprendre et s’exprimer en anglais.

Pour répondre à cette préoccupation, le Parti libéral a décidé que la sixième année du primaire serait une année d’immersion en anglais pour tous les étudiants du Québec. Cette mesure rencontre d’énormes difficultés d’application.

Dans beaucoup de classes du Québec, un seul professeur est responsable de l’enseignement de toutes les matières en sixième année, sauf la gymnastique et peut-être l’enseignement religieux. Pour l’enseignant, il y a un gouffre entre s’exprimer en anglais et tout enseigner dans cette langue, ce qui signifie la maitrise de tous les termes techniques utilisés en physique et en sciences naturelles, par exemple.

Proposer que les élèves francophones effectuent un ou plusieurs stages dans un CÉCEP anglais — et réciproquement, un ou plusieurs stages des élèves anglophones dans un CÉGEP francophone — serait un moyen efficace de favoriser la cohésion sociale de tous les Québécois, peu importe leur langue d’origine.

Permettre l’école anglaise aux enfants des soldats canadiens

Selon ce que j’apprends de l’éditorialiste Michel David du Devoir, la CAQ aurait fait tout un scandale en 2013 dans la région de Québec (où elle est influente) à propos de la petite Sandra, la fille d’un militaire blessé en Afghanistan. Celle-ci faisait partie d’une poignée d’enfants de soldats francophones auxquels le gouvernement Marois voulait retirer le privilège de fréquenter l’école anglaise.

Pour la CAQ et ses partisans, les sacrifices consentis sur les champs de bataille justifiaient le privilège de se soustraire à une règle applicable à tous les autres francophones du Québec.

Dans un pays étranger, les envahisseurs se donnent tous les droits. Mais pas à leur retour dans leur pays d’origine.

Le principe fondamental de la Loi 101, c’est que seule l’école publique française est gratuite. Comme l’école publique italienne est la seule gratuite en Italie. Ou l’école publique allemande en Allemagne. Font exception à cette règle, les angloQuébécois qui ont le droit acquis et constitutionnel d’accéder à l’école publique anglaise.

Tous les autres parents — qu’ils soient francophones ou allophones — peuvent, s’ils le désirent, faire instruire leurs enfants en anglais à la condition que ce soit à leurs frais, c’est-à-dire en les envoyant à l’école privée anglaise. Mais il n’ont pas droit à l’école publique anglaise, réservée aux seuls angloQuébécois.

Le principe est simple; le peuple québécois refuse de financer sa propre extinction en payant l’école publique anglaise aux enfants des néoQuébécois.

Toutefois, en 1982, les provinces anglophones ont adopté la Canadian Constitution à l’issue d’une ultime séance de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

Depuis ce temps, tous les moyens sont bons pour tenter d’invalider des pans entiers de la Loi 101. Multiplier les cas d’exception — comme c’est le cas au sujet de ces militaires francophones — ne fait que donner des arguments à ceux qui soutiennent que la Loi 101 est une législation discriminatoire et injuste.

Le désir de M. Lisée de supprimer les irritants qui divisent les Québécois est légitime surtout, dit-il, lorsque cela ne concerne que très peu de personnes. C’est là une attitude pragmatique.

Toutefois, on doit réaliser qu’il existe une distinction fondamentale entre favoriser l’apprentissage d’une langue seconde par les étudiants francophones et autoriser la transformation d’un jeune québécois en citoyen anglophone. Je ne vois aucune raison de faciliter la tâche aux familles francophones qui veulent s’assimiler à l’anglais.

Qu’il s’agisse de trois enfants ou d’un demi-million de personnes, le PQ ne peut favoriser l’anglicisation du Québec. Cela est une hérésie idéologique.

Afin de favoriser l’élection du PQ, on peut transformer la Loi 101 en fromage gruyère parce que les sondages montrent que beaucoup de Québécois le souhaitent. C’est la stratégie adoptée lors de cette élection basée sur la Charte de la laïcité. Avec le résultat qu’on sait.

Une règle d’or en politique est de ne jamais saper sa base électorale. Or celle du PQ est composée de farouches défenseurs de la Loi 101. Il est donc préférable, même si le temps presse, d’entreprendre une campagne qui vise à transformer l’opinion publique en espérant recueillir les fruits de ce labeur aux prochaines élections.

Défendre ou promouvoir le français ?

Aux prochaines élections, les Québécois qui voudront chasser le Parti libéral du pouvoir auront le choix entre la CAQ et le PQ. Pour simplifier ce choix, le PQ devra se distinguer de cette formation politique.

Or la CAQ a pris un virage qui se veut nationaliste, dans le but évident de gruger la clientèle des Indépendantistes ‘mous’, tout en butinant les fédéralistes déçus du PLQ. Cette stratégie est brillante et sera gagnante si le PQ tarde à se décaquiser.

Le PQ a accompli un pas important dans cette voie en abandonnant sa charte de la laïcité.

Sur le plan linguistique, les mesures préconisées par la CAQ reposent sur la promotion de français sans l’assortir de mesures coercitives.

Nos amis angloCanadiens n’ont pas eu la naïveté de miser sur la séduction irrésistible de la langue de Shakespeare. L’anglais a été imposé aux Métis et aux minorités francophones du Canada par l’abolition des écoles françaises et la punition des écoliers qui parlaient français entre eux dans les cours de récréation. Quant aux peuples qui parlaient une langue autochtone, c’est le kidnappage de leurs enfants dans des pensionnats anglophones qui les a anglicisés.

Ceux qui veulent qu’on entreprenne une campagne de promotion du français oublient que des milliers de scénaristes, de cinéastes, de dramaturges, de comédiens, de paroliers, de chanteurs, de romanciers et de poètes s’affairent déjà depuis plus d’un siècle à faire aimer notre langue.

Si on tient compte des émissions de télévision et de radio, des films, des pièces de théâtre, des chansons, des romans, des bandes dessinées et des livres de poésie, le cout des moyens utilisés pour rendre notre langue attrayante peut être évalué à plusieurs centaines de millions de dollars annuellement.

Peut-on faire mieux ? Il serait tentant de répondre cette lapalissade selon laquelle on peut toujours faire mieux. Mais en réalité, nos créateurs sont déjà acclamés partout à travers le monde. Il nous faut donc reconnaitre qu’on pourrait difficilement faire mieux.

Pour un peuple de huit-millions de personnes, cet effort promotionnel en faveur du français est herculéen.

Et pourtant, de 2006 à 2011 (date du dernier recensement publié), la proportion de Francophones a reculé de 1% sur l’ile de Montréal et presque autant dans ses banlieues.

Une telle diminution, en aussi peu de temps, est extrêmement préoccupante.

On juge un arbre à ses fruits. Le laisser-faire libéral mène directement à l’extinction du peuple québécois. Et les moyens incitatifs de la CAQ aboutiront au même résultat.

C’est cela qu’il faut démontrer aux Québécois et non occulter les menaces qui planent sur notre avenir par un discours jovialiste et faussement rassembleur.

Conclusion

À l’exception de l’anglicisation des enfants des militaires canadiens (un détail auquel je suis farouchement opposé), je partage les principales mesures proposées par la nouvelle direction du PQ.

Plus précisément, l’assujettissement de toutes les entreprises de 25 employés ou plus à la Loi 101 et l’adoption de la solution britannique en matière d’immigration sont deux mesures d’une redoutable efficacité pour stopper l’anglicisation de Montréal.

Justement pour cette raison, le PQ ne pourra pas échapper à la controverse. Toutefois, plus la CAQ criera au scandale, plus elle révèlera la superficialité de son virage nationaliste. Quant au PQ, il lui sera facile de rallier une bonne partie des Québécois francophones (notamment dans la région de Montréal) à l’importance de défendre le français.

Compte tenu du morcèlement des allégeances politiques, de nos jours, il n’en faut pas plus pour prendre le pouvoir.

Ceci étant dit, on doit se rappeler qu’une politique de francisation des immigrants n’est pas destinée à couvrir tous les aspects d’une politique linguistique.

La langue de travail, la langue de service et l’affichage commercial sont d’autres volets d’une telle politique. Or ils ne sont pas abordés ici ou ils le sont indirectement.

Si on passe sous silence certaines propositions extramigratoires controversées, la nouvelle politique de francisation des immigrants est la plus sérieuse et la plus efficace jamais proposée au sein de cette formation politique.

Références :
Cap sur la « francisation 100% » pour le Parti québécois
Données linguistiques de Montréal selon le recensement de 2011
Franciser sans diviser
Immigrants’ spouses must speak English before entering UK
La CAQ veut rendre la francisation obligatoire pour les immigrants
La Charte de la laïcité : un mauvais départ
L’augmentation des frais de scolarité
Le français en péril — Deuxième de trois volets
Le souvenir de Sandra

Le PQ et la francisation des immigrants
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La dette de l’État québécois

11 janvier 2017


Avant-propos : À part sa conclusion, le texte qui suit s’inspire principalement d’un dossier publié dans l’édition de janvier 2016 du mensuel l’Action Nationale. Ce dossier fut écrit par l’économiste Louis Gill, professeur retraité de l’UQÀM.

 
Introduction

Selon une évaluation de l’économiste Pierre Fortin — professeur émérite en sciences économiques de l’UQÀM — le Québec serait un des États qui mènent les politiques d’austérité les plus sévères parmi les pays industrialisés.

Pour en arriver à cette conclusion, l’économiste s’est servi d’un indice obscur appelé ‘degré d’austérité’. Selon cet indice — dont on trouvera la définition technique à la fin du texte — seuls le Japon et l’Australie ont des politiques budgétaires plus austères que celles du Québec.

Il faut savoir que M. Fortin est un des experts qui furent consultés par le gouvernement Charest lors de la mise sur pied de la cure d’austérité infligée aux finances québécoises depuis le budget 2010-2011.

Indépendamment de la sévérité du remède, qu’en est-il du diagnostic ? En d’autres mots, le Québec est-il trop endetté ?

Dette selon différents critères

Également signataire d’un manifeste qui avait créé la controverse il y a une décennie (le Manifeste des Lucides), M. Fortin reconnait candidement aujourd’hui : « Je me suis rendu compte après ça que la dette de la province de Québec comptait pour 61% du PIB en 1995, mais qu’en 2009 elle était de 50%. On était un peu perdu avec les chiffres. Les méthodes comptables changent tout le temps, il faut dire. Mais ce sont ceux-là les vrais chiffres.»

Effectivement, une des raisons qui expliquent le caractère rébarbatif des discussions entre économistes, c’est qu’ils ne s’entendent pas.

Le but du présent texte est de présenter différentes évaluations à ce sujet et de déterminer si l’endettement du Québec est excessif.

Dette du gouvernement proprement dit

La dette brute du gouvernement est la somme des emprunts déjà contractés, des engagements courants (régime des retraites) et des comptes à payer. Si on lui soustrait les avoirs immobiliers de l’État, on obtient la dette nette, soit 186 milliards$ ou 50% du Produit intérieur brut (PIB).

La dette nette du Québec diminue. Depuis l’atteinte de l’équilibre budgétaire par le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, cette dette est passée de 59% en 1997-1998 à 50% de nos jours, et ce en dépit des déficits encourus par l’État depuis la Grande récession de 2007-2008.

Dette du secteur public

Si on ajoute la dette d’Hydro-Québec, des écoles, des hôpitaux, des municipalités, et des universités, la dette totale du secteur public québécois passe à 271 milliards$ en 2015 (ou 73% du PIB). Cinq ans plus tôt, cette dette était de 222 milliards$ (70% du PIB). Depuis quelques années, cette dette s’accroit donc.

Dette comparative du Québec

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) regroupe 34 pays industrialisés. Elle possède sa propre manière de calculer l’endettement des États. Cette méthode commune permet de comparer les États entre eux.

Selon celle-ci, l’endettement du Québec est de 63% du PIB en 2015. Toutefois, cela ne tient pas compte de la part du Québec dans la dette canadienne. Or la dette nette du gouvernement canadien est de 687 milliards$ ou 36% du PIB du Canada.

Puisque l’économie du Québec représente 20% de l’économie canadienne, si on lui attribue vingt pour cent de la dette canadienne, la dette d’un Québec indépendant serait alors de 99,5% du PIB québécois de 2015, soit en dessous de l’endettement moyen des gouvernements centraux des pays membres de l’OCDE qui était de 114%.

Toutefois, on doit garder à l’esprit qu’on compare ainsi des pommes à des oranges. En effet, cela ne tient pas compte de la dette des länders, des provinces et des autres gouvernements régionaux de ces pays étrangers.

Si on tient compte de cela, la dette du Québec, même majorée de sa part de la dette canadienne, se compare avantageusement à l’endettement des pays membres de l’OCDE.

Conclusion

La dette nette du secteur public québécois est de 271 milliards$.

Imaginons que le Québec refuserait de respecter ses engagements et que ses créanciers saisissent ses biens; interdiction de circuler sur nos routes, fermeture des hôpitaux, des écoles et des universités, interruption du fonctionnement des centrales hydroélectriques et des usines de traitement des eaux potables, interruption du service de collecte des ordures ménagères, etc.

Combien serions-nous prêts à payer pour ravoir tout cela ? Si on nous demandait 271 milliards$, est-ce que notre réponse serait : « 271 milliards pour du vieux stock ? Non merci, on aime mieux tout refaire à neuf.»

La construction des nouveaux hôpitaux universitaires montréalais coutera sept-milliards$. Les nouveaux trains Azur du métro couteront 1,2 milliard$. Bref, refaire à neuf coute cher.

Les pays anéantis par la guerre en savent quelque chose. Là où tout est à refaire, les pays mettent des décennies à s’en remettre.

Alors que le Québec possède la maitrise des finances publiques et affiche des déficits modestes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter de sa dette accumulée dans la mesure où elle est moindre que la moyenne de celle de nos partenaires commerciaux.


*— Degré d’austérité : Variation, d’une année à l’autre, du rapport entre la partie du solde budgétaire qui est sous contrôle gouvernemental et le niveau ‘normal’ du PIB.

Références :
Endettement et austérité au Québec
Hôpitaux universitaires montréalais: un prix réel de 7 milliards
Le Québec et l’austérité : où nous situons-nous?
Le Québec, un champion mondial de l’austérité
Les dix ans des Lucides — Un manifeste à réviser

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le serment d’allégeance aux valeurs du pays

6 janvier 2017

Introduction

Parmi les douze recommandations du rapport Casey, deux concernent l’obligation de prêter allégeance à des valeurs nationales.

Depuis, ces recommandations ont reçu l’appui de Sajid Javid, le secrétaire britannique aux Communautés culturelles.

En Grande-Bretagne, ce serment serait l’équivalent moderne du Serment du Test.

Le Serment du Test

De 1673 à 1828, le Test Act assujettissait tous les fonctionnaires et officiers anglais à l’Église anglicane. Il avait pour but d’exclure les Catholiques romains de toutes les charges administratives du pays.

Au Québec il fut en vigueur peu de temps après la conquête française. Toutefois en 1774, par l’Acte de Québec, il fut remplacé par un nouveau texte dépourvu de références spécifiquement anticatholiques mais qui conservait le serment d’allégeance au roi ou à la reine d’Angleterre (chef de l’Église anglicane).

De nos jours, c’est cette version adoucie du Serment du Test que prêtent les néoCanadiens lors de la cérémonie de citoyenneté.

Son texte est le suivant :

J’affirme solennellement que je serai fidèle et porterai sincère allégeance à Sa Majesté la Reine Élizabeth II, Reine du Canada, à ses héritiers et successeurs, que j’observerai fidèlement les lois du Canada et que je remplirai loyalement mes obligations de citoyen(ne) canadien(ne).

La signature du requérant au bas de ce document est nécessaire à l’obtention de la citoyenneté canadienne.

Survol international

En Australie, les références à la monarchie britannique ont été abandonnées sauf dans le cas des juges et des parlementaires.

Aux Pays-Bas, le serment d’allégeance est le suivant :

Je jure (ou déclare solennellement) allégeance au roi, aux statuts du Royaume des Pays-Bas, et à la constitution.

Je jure (ou déclare solennellement) que j’effectuerai loyalement les fonctions qui me seront assignées.

Ainsi aidez-moi Dieu Tout-Puissant ! (ceci que je déclare et affirme).

Depuis un an, la Belgique a institué une ‘déclaration de primo-arrivant’.

Toute personne qui ne possède pas déjà la citoyenneté européenne (sauf les étudiants et les demandeurs d’asile) doit prêter allégeance à la Convention européenne des droits de l’Homme s’il désire séjourner en Belgique pendant plus de trois mois.

Le refus de signer cette déclaration entraine l’interdiction de séjour. Une fois admis, ceux qui sont incapables de prouver qu’ils travaillent à leur intégration peuvent être déportés.

Contrairement aux autres pays, la Belgique a présumé que les requérants dont la culture est très éloignée de la sienne pouvaient avoir de la difficulté à saisir les implications concrètes d’un simple énoncé de principes.

Voilà pourquoi la déclaration à signer est plutôt un long texte explicatif. Note : on cliquera une ou deux fois sur le texte ci-dessous pour l’agrandir.

Suggestion d’un nouveau serment de citoyenneté canadienne

À l’analyse des différentes solutions proposées, je ne vous cacherai pas avoir été séduit par l’approche belge.

Si le texte de son serment d’allégeance est si long, c’est précisément pour faire réaliser les conséquences concrètes de l’adhésion du requérant aux valeurs du pays. Une adhésion facile pour nous qui partageons des valeurs identiques mais qui impliquent un profond changement de mentalité pour d’autres personnes.

Ceci étant dit, les moyens adoptés par ces pays ne sont pas mutuellement exclusifs.

On pourrait très bien faire en sorte que le dossier d’un requérant à l’immigration ne soit pas complet s’il n’a pas signé une déclaration d’adhésion aux valeurs du pays analogue à celle de la Belgique. En d’autres mots, à moins d’avoir signé un tel document, sa demande d’immigration ne serait même pas considérée.

Finalement, si sa demande d’immigration est acceptée, le requérant deviendrait officiellement citoyen canadien après avoir prêté un serment d’allégeance lors de la cérémonie d’assermentation. Ce court serment serait alors le suivant :

Je jure (ou déclare solennellement) mon allégeance aux valeurs du pays, c’est-à-dire l’égalité entre les sexes, la liberté d’opinion, la Démocratie, le respect du Droit et de la Justice, de même que le respect et la tolérance à l’égard de mes concitoyens.

Dans tous les cas, il est évident que le serment exigé depuis 1774 aux demandeurs de la citoyenneté canadienne n’est plus pertinent.

Références :
Assermentation des députés
Déclaration de primo-arrivant pour les étrangers qui souhaitent séjourner plus de trois mois en Belgique – Deuxième lecture
Sajid Javid proposes ‘British values oath’ in wake of Casey review of social integration
Serment d’allégeance
Serment du test
Serment du test
Test Act
The Casey Review — A review into opportunity and integration
Voici la lettre que les primo-arrivants devront signer pour résider en Belgique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’intégration des immigrants en Grande-Bretagne

5 janvier 2017
Concentration des néoBritanniques

Commandé en 2015, le rapport Casey a été remis au gouvernement britannique le 5 décembre dernier.

Ex haute fonctionnaire et membre de la liste des cent femmes les plus influentes de Grande-Bretagne, Mme Louise Casey avait pour mandat de diriger une étude au sujet de l’intégration des communautés culturelles, religieuses et raciales dans son pays.

Résultat d’un passé colonial qui s’est étendu sur tous les Continents, le multiculturalisme anglais a fait de la Grande-Bretagne un grand laboratoire de diversité ethnique.

Pourtant, en 2015-6, on y comptait officiellement 62 518 crimes haineux, une augmentation de 19% en comparaison avec l’année précédente. On estime que leur nombre réel est quatre fois supérieur.

L’aptitude d’une personne à migrer vers une couche socioéconomique supérieure à celle de ses parents est plus facile pour un Britannique de race blanche; c’est le cas de 43% des hommes blancs et de 45,6% des femmes blanches.

Chez la première génération de Britanniques nés d’immigrants africains, indiens, pakistanais ou bangladeshis, cette proportion n’est que de 34,3% chez les hommes et de 27,6% chez les femmes.

Le rapport formule douze recommandations.

  1. L’État devrait adopter une politique destinée à favoriser la cohésion sociale. À cette fin, la Grande-Bretagne devrait soutenir les initiatives locales vouées à :
    • la promotion de la connaissance de la langue anglaise
    • l’émancipation de groupes de femmes marginalisées
    • l’employabilité des groupes les plus marginalisés
    • l’augmentation de la participation des femmes au travail
    • la maitrise des technologies de l’information par les parents provenant de milieux défavorisés
    • l’augmentation de la mixité sociale chez les jeunes, entre autres par la pratique du sport
    • l’adoption d’autres programmes mettant clairement l’accent sur la réduction de la ségrégation dans certains milieux.
  2. Créer une liste d’indicateurs de bris de cohésion sociale — nombre de crimes haineux, déficience de la connaissance de la langue anglaise, etc.— et en faire le suivi de manière périodique.
  3. Favoriser l’émulation en faisant connaitre les initiatives locales qui auront été couronnées de succès.
  4. La promotion à l’école de la législation, de l’histoire et des valeurs britanniques. Sont jugées ‘valeurs britanniques’ :
    • la Démocratie,
    • le respect du Droit,
    • la liberté,
    • l’égalité,
    • la liberté d’expression,
    • le respect mutuel, la compréhension interconfessionnelle et la tolérance.
  5. Faire connaitre auprès des personnes intéressées à immigrer en Grande-Bretagne, quels seront leurs droits et obligations et mettre sur pied des mesures d’accompagnement auprès des immigrants qui en ont le besoin dès leur arrivée en sol britannique.
  6. Imposer un serment d’intégration aux valeurs britanniques à l’arrivée au pays plutôt qu’au moment de la remise du certificat de citoyenneté.
  7. Travailler à l’intégration des diverses collectivités et accroitre les occasions de mixité scolaire.
  8. Mettre sur pied des programmes destinés à combattre les lacunes en anglais et les obstacles culturels à l’accès au marché de l’emploi.
  9. Prioriser la connaissance de l’anglais chez les adultes là où cela est nécessaire.
  10. Étudier dans quelle mesure la rénovation domiciliaire et les politiques de logement social peuvent favoriser l’intégration des différentes communautés culturelles.
  11. S’assurer que l’instruction à domicile et l’éducation privée ne soient pas des obstacles à l’intégration.
  12. Modifier le serment prêté par les représentants de l’État de manière à enchâsser l’obligation de respecter les valeurs britanniques.

Certaines de ces recommandations rejoignent celles exprimées à de multiples reprises au Québec et qui, en dépit de leur caractère raisonnable, ont suscité les accusations de xénophobie et le repli identitaire.

Comme ces créateurs québécois dont le talent ne nous semble évident qu’une fois leur consécration à l’Étranger, ces suggestions ont probablement plus de chance d’être adoptées ici maintenant qu’elles ont été légitimées dans un pays reconnu pour sa tolérance aux différences culturelles.

Voilà pourquoi la lecture des 199 pages du rapport Casey est recommandée à quiconque veut comprendre les défis à l’intégration auxquels font face les sociétés occidentales.

Référence :
The Casey Review — A review into opportunity and integration

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 29

4 janvier 2017
Litchis du Jardin des plantes de Paris

Quelques centaines de cas présentant des symptômes d’encéphalite aigüe sont signalés chaque année dans le nord-est de l’Inde et le nord du Vietnam, principalement durant la récolte des litchis.

Parmi les causes possibles, on a soupçonné des doses toxiques de pesticides, ou que des chauvesouris frugivores serviraient de réservoir à un virus qu’elles transmettraient par leur urine déposée sur les baies. Ou bien que des moustiques transmettraient ce même virus de la chauvesouris à l’humain.

Mais en fin de compte, ce serait une phytotoxine — l’hypoglycin A, appelée également méthylène cyclopropyl alanine — naturellement présente dans ce fruit qui causerait une hypoglycémie et une acidose métabolique chez des enfants mal nourris.

Références :
Litchi–associated Acute Encephalitis in Children, Northern Vietnam, 2004–2009
Probable Toxic Cause for Suspected Lychee-Linked Viral Encephalitis


 
En 2014, les États-Unis ont dépensé 465 milliards$ en recherche et développement, soit 31% du budget mondial. De toutes les demandes de brevets à travers le monde, les 133 000 demandes américaines en représentent près de la moitié (48%).

Référence :
Nye J. Le modèle américain est-il dépassé ?. La Revue 2016; no 59-60: 88-91.


 
La rémunération moyenne des cent présidents-directeurs généraux les mieux payés au Canada était de 9,5 millions en 2015, soit 193 fois le salaire industriel annuel moyen de 49 510$.

Parmi cette centaine de millionnaires, seulement deux sont des femmes.

Les compagnies les plus généreuses à l’égard de leur P.D.G. sont Valeant Pharmaceuticals (182,9 millions$), Magna International (26,5 millions$), Chemin de fer Canadien Pacifique (19,9 millions$), Element Financial (19,3 millions$) et OpenText (18 millions$).

Au 92e rang, celui de Bombardier gagne 3,85 millions$.

Référence :
Des revenus vertigineux pour 100 p.-d.g. canadiens


 
C’est au printemps 2015 que la Russie a mis en service la première unité militaire composée exclusivement de robots. Il s’agit de petits chars de combat chenillés et blindés appelés Platform M. Leurs dimensions ne dépassent pas un mètre de haut et deux de long.

Ces robots facilitent la prise de décisions militaires quand, par exemple, d’importantes pertes humaines auraient résulté de l’assaut par des miliciens.

Référence :
Copel É. Les robots tueurs sont là. La Revue 2016; no 59-60: 113-5.


 
À elle seule, la circonscription fédérale d’Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou couvre 54% du territoire du Québec.

Depuis 2011, cette circonscription est représentée par le député néodémocrate Romeo Saganash, premier Cri à obtenir un baccalauréat en droit au Canada en 1989.

Références :
Un laboratoire politique contre l’apartheid du Nord
Romeo Saganash


 
Les personnes assises plus de onze heures par jour augmentent de 40% leur risque de mort prématurée, en comparaison avec celles assistes sept heures ou moins.

Si les employés de bureau sont les moins mobiles, ce sont les cuisiniers qui possèdent l’occupation la plus active.

Référence :
Mataillet D. La sédentarité pas bonne pour la santé. La Revue 2016; no 59-60: 120-1.


 
Depuis 1980, la proportion de Catholiques est demeurée stable à environ 17,5% de la population mondiale. Au cours de cette période, la diminution des fidèles en Europe a été compensée par son augmentation en Afrique.

Selon les continents, les 1,2 milliard de Catholiques se répartissent ainsi : 49,0% dans les Amériques, 22,9% en Europe, 16,4% en Afrique, 10,9% en Asie et 0,8% en Océanie.

Quant à la pratique religieuse, 70% des Catholiques africains vont à la messe le dimanche, 53% le font en Asie, 29% aux Amériques et 23% en Europe.

De 1980 à 2012, la vocation européenne à la prêtrise a diminué. Si bien qu’on a importé d’Asie et d’Afrique les prêtres pour desservir les paroisses d’Europe.

Référence :
Laurens T. Catholicisme : son avenir est au Sud. La Revue 2016; no 59-60: 130-2.


 
Comparé à celui des hommes, le taux de participation des femmes au travail rémunéré est de 0,87 à 89 pour le Canada et les pays scandinaves.

Ce ratio est un peu moindre aux États-Unis, en Europe de l’Ouest, en Russie, en Israël, en Chine et en Australie, soit entre 0,80 et 0,84. Dans la majorité des anciens pays satellites de l’URSS, il est descend aux alentours de 0,75. Suivent la Grèce à 0,71 et l’Italie à 0,67.

Ce ratio varie de 0,63 à 0,74 en Amérique du Sud et est un peu moindre en Océanie, de 0,59 à 0,64.

Suivent l’Indonésie (0,61) et les pétromonarchies évoluées : le Qatar (0,53), le Koweït (0,53) et les Émirats arabes unis (0,51).

Au bas de la liste se trouvent l’Inde (0,34) et divers pays musulmans : le Niger (0,45), la Turquie (0,42), le Sultanat d’Oman (0,36), le Maroc (0,35), le Yémen (0,35), l’Égypte (0,32), le Pakistan (0,30), l’Arabie saoudite (0,26), l’Iran (0,23) et l’Algérie (0,21).

Référence :
How equality for women can drive global growth


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le vingtième anniversaire des CPE

3 janvier 2017
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L’année 2017 marque le vingtième anniversaire de la création du réseau public de garderies québécoises.

Connus sous le sigle CPE, les Centres de la petite enfance ont été mis sur pied en 1997 par Mme Pauline Marois à titre de ministre de l’Éducation.

Cette mesure sociale a facilité la conciliation famille-travail d’un grand nombre de mères monoparentales qui souhaitaient retourner sur le marché du travail.

Dès la première décennie qui a suivi leur création, les garderies subventionnées avaient incité près de 70 000 mères à occuper un emploi. Ce qui se traduit par une hausse du PIB de 5,1 milliards de dollars.

Parmi les mères d’enfants de 0 à 5 ans, la proportion disponible à travailler — celles qui ont un emploi et celles qui sont à la recherche d’en avoir un — est le plus élevé au Québec (78%) que n’importe quelle autre province canadienne. À titre de comparaison, il est de 72% en Ontario.

Depuis vingt ans, le nombre de familles monoparentales à l’aide sociale a fondu de 99 000 à 38 000. Après la Suède et la Suisse, le Québec affiche aujourd’hui le plus haut taux d’activité des mères dans le monde.

Références :
Centre de la petite enfance
L’Impact des services de garde à contribution réduite du Québec sur le taux d’activité féminin, le revenu intérieur et les budgets gouvernementaux
La déconfiture d’une bonne idée

Complément de lecture :
How advancing women’s equality can add $12 trillion to global growth

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-45mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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