Chagall et la musique — Daphnis et Chloé

22 avril 2017
Aperçu des costumes

Au départ, Daphnis et Chloé est un roman du IIe siècle est attribué au poète grec Longus.

En 1952, à la demande de l’éditeur d’art appelé Tériade (en réalité, Stratis Eleftheriadis), Chagall crée les lithographies d’une édition de ce conte pastoral.

Ce qui donne l’idée à Serge Lifar, maitre de ballet à l’Opéra de Paris, de demander à Chagall de réaliser les décors et costumes d’une nouvelle production du ballet Daphnis et Chloé en 1956. L’œuvre chorégraphique avait été créée à Paris en 1912.

Il est en un acte et trois tableaux. L’argument est du chorégraphe Michel Fokine (d’après Longus), tandis que la musique est de Maurice Ravel.

À cette fin, Chagall réalise une soixantaine de maquettes préparatoires pour les costumes et les toiles de fond, les costumes, un rideau de scène et quatre toiles brossées en fond de décor.

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Maquette de la Danseuse-Soleil (1958)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’attentat du 15 avril 2017 à Rachidine, en Syrie

21 avril 2017

Il y a une semaine, on apprenait qu’un attentat avait fait une centaine de morts au sein d’un convoi de Syriens délocalisés.

Voici le fond de l’histoire.

Au cours d’une partie de chasse au faucon dans le sud de l’Irak en décembre 2015, vingt-six membres de la famille royale qatarie sont tombés dans une embuscade et sont faits prisonniers par un groupe d’une centaine de rebelles chiites supportés par l’Iran.

Depuis seize mois, leur libération est négociée par le Qatar et l’Iran. À cela se sont ajoutés les négociateurs de quatre groupes de rebelles : le Hezbollah et deux milices chiites du côté iranien, et une milice d’Al Qaida du côté qatari.

L’entente intervenue prévoit la libération des otages qataris en contrepartie d’un important échange de population dans le cadre de l’épuration ethnique qui prévaut en Syrie.

L’entente prévoit également le versement d’une colossale rançon aux rebelles. Non seulement à ceux qui détiennent les otages royaux, mais également aux différentes milices rebelles et gouvernementales rencontrées sur le trajet de plus de 300km que doivent effectuer les convois de 30 000 à 50 000 Syriens relocalisés.

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D’une part, cette épuration concerne les Musulmans sunnites de deux villages situés près de la capitale (dans le sud-ouest du pays). Ils doivent retrouver les leurs dans deux villages sunnites situés dans le nord-ouest du pays.

En contrepartie, les Musulmans chiites des deux villages dont on vient de parler doivent être transférés dans les deux villages situés près de la capitale.

Le 14 avril, le premier groupe de Chiites (cinq-mille personnes) fut placé à bord de 45 à 75 autobus. En raison du caprice du réseau routier et des droits de passage négociés vers leur destination finale, le début du trajet prévoit un détour par Rachidine, une localité tenue par les rebelles près d’Alep.

Et c’est dans cette ville qu’eut lieu l’attentat. Un véhicule qui distribuait des sachets de croustilles aux enfants a explosé à proximité des autobus transportant les évacués.

L’attentat fit 126 morts et 300 blessés, mettant en péril l’accord intervenu entre l’Iran et le Qatar.

Depuis samedi dernier à Bagdad (lieu choisi pour l’arrivée de la rançon), un jet privé qatari est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport en attente de prendre possession des otages royaux qui doivent être libérés.

Puisque l’attentat a tué non seulement des civils loyalistes au régime de Bachar el-Assad mais également une trentaine de combattants rebelles, on présume que ce serait l’œuvre d’une autre milice exclue de l’entente et qui aurait voulu une part du butin.

En raison de l’importance de la rançon, les évacuations ont repris quelques heures plus tard et se poursuivent depuis.

Références :
Attentat de Rachidine
Attentat en Syrie: les auteurs déguisés en humanitaires
Qatari jet sits on tarmac in Baghdad as royal hostages await release

Paru depuis :
Qatari royals released from captivity as part of Syria population swap deal (2017-04-21)

L’attentat du 15 avril 2017 à Rachidine, en Syrie
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec et la légalisation du cannabis

20 avril 2017

Depuis que le gouvernement fédéral a annoncé que la légalisation de la marijuana, certains observateurs s’inquiètent des risques de cette décision.

Au départ, précision que effets néfastes de cette drogue sur la santé sont moindres que ceux de l’alcool. Si tous les alcooliques abandonnaient l’alcool pour le cannabis, on verrait l’apparition de nouveaux problèmes mais la disparition complète des nouveaux cas de cirrhoses du foie, incurables même à l’arrêt de l’éthylisme.

Dans les États où on a légalisé le pot — notamment au Colorado et dans l’État de Washington — on a constaté une augmentation importante à la fois du nombre d’accidents de la route causés par des conducteurs sous l’effet du cannabis et du nombre d’hospitalisations résultant d’une surdose.

Sans nier la possibilité que cela puisse être observé au Québec, ce phénomène ne devrait pas être significatif.

En effet, les États-Unis ont mené pendant des décennies une ruineuse et inefficace lutte contre la drogue caractérisée par la sévérité des sanctions imposées aux contrevenants.

Au contraire, au Québec, la simple possession de cannabis est tolérée depuis des années. Ici, la consommation est entrée dans les mœurs et la très grande majorité de ses utilisateurs ont appris à en faire une consommation ‘responsable’.

De 2002 à 2012, le pourcentage de personnes ayant déjà consommé de la marijuana a diminué chez les 15 à 17 ans et les 18 à 24 ans. Cette consommation est toutefois demeurée stable chez les 25 à 44 ans et a augmenté dans les groupes d’âge plus avancé.

On croit que l’augmentation chez le groupe des 45 à 64 ans pourrait être le reflet du vieillissement de la cohorte de ceux qui se situaient dans le groupe des 25 à 44 ans en 2002.

En somme, chez les jeunes, le cannabis n’a plus l’attrait du fruit défendu.

La décision canadienne de ne pas autoriser les aliments à base de cannabis — permis dans les deux États américains mentionnés — devrait éviter les hospitalisations pour surdose (extrêmement rares chez les fumeurs).

Tout au plus doit-on s’attendre à une augmentation du nombre de fêtards intoxiqués au pot (plutôt qu’à l’alcool) qui commettent l’erreur de prendre le volant.

Cela implique que les forces policières devront s’équiper d’instruments capables de déceler les intoxications, ce qui devrait déjà être fait depuis longtemps.

Au-delà de la curiosité que susciteront au départ les commerces de cannabis et l’impact touristique de sa légalisation, il est à prévoir que les changements législatifs ne bouleverseront que sa distribution puisque dans les faits, sa consommation est déjà décriminalisée au Québec depuis plus d’une décennie.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’apport économique des étudiants étrangers

19 avril 2017
Université Humboldt, à Berlin

En Allemagne, les lycées — les équivalents des GÉGEPs au Québec — sont gratuits non seulement pour les étudiants allemands, mais également pour les étudiants étrangers.

Tout au plus, faut-il payer 200$ par année comme frais d’inscription.

Voilà pourquoi environ 4 500 étudiants américains y étudient.

Pourquoi n’y en a-t-il pas davantage ? Parce qu’on doit parler allemand.

Quelles sont les raisons qui poussent les contribuables allemands à subventionner chez eux la formation d’étudiants étrangers ? À cause des retombées économiques.

Pour assurer sa subsistance — logement, nourriture, transport, forfait téléphonique, etc.— chaque étudiant étranger dépense près de 20 000$ par année.

Pour ces seuls étudiants américains, cela représente un investissement de 9 millions$ dans l’économie allemande.

De manière générale, en dépit de la réputation d’excellence des maisons d’enseignement américaines et britanniques, c’est l’Australie qui est la championne mondiale de la formation académique d’étudiants étrangers.

Ils y comptent pour la moitié des inscriptions à ses Business and Management courses et le quart de tous les inscrits aux études supérieures.

Après les mines, c’est le deuxième poste d’exportation dans ce pays, rapportant annuellement quinze-milliards de dollars US.

Les États-Unis occupent le deuxième rang mondial avec un million d’étudiants étrangers, suivis de loin par la Grande-Bretagne et le Canada (avec 300&nbs;000 chacun).

Il est à prévoir que les politiques migratoires de Donald Trump diminueront la position avantageuse de son pays à ce sujet.

Grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris

En France, sur les 260 000 étudiants étrangers, un peu plus de 110 000 (42%) sont Africains. Ils y dépensent annuellement 1,5 milliard d’euros.

Références :
Ben Yahmed B. Ils façonnent notre avenir. La Revue 2016; no 61-2: 3-4.
Sanders B. Our Revolution: A Future to Believe In. New York: Thomas Dunne Books, 2016.

Détails techniques : Canon Powershot G6 (1re photo) et Olympus OM-D e-m5 + hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (2e photo)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,5 — ISO 50 — 12,7 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — Les sculptures

17 avril 2017
Aperçu de la neuvième salle

À partir des années 1950 et jusque dans les années 1970, Chagall a créé une centaine de sculptures : neuf de celles-ci sont présentées à l’exposition montréalaise.

La Bête fantastique (bronze, 1952)
Maternité ou Vierge à l’enfant (bronze, 1952)

S’inspirant des figurines préhistoriques et des thèmes qui lui sont chers, Chagall explore différentes techniques (taille en haut et en bas-relief, ronde-bosse, fonte à la cire perdue) et utilise divers matériaux (marbre, galets, os, calcaire, pierre de Rognes, pierre de Jérusalem).

Nu mauve (1967)
Détail de Nu mauve (1967)
Profil au coq (1970)

Consacrée aux sculptures de Chagall, la neuvième salle de l’exposition est complétée de quelques œuvres de maturité du peintre.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 8 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des traces de Roundup™ de Monsanto dans le tiers des aliments

16 avril 2017
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Le glyphosate est un herbicide total mieux connu sous le nom de Roundup™ de Monsanto.

Puisque cet herbicide tue les plantes cultivées autant que les mauvaises herbes, le semencier Monsanto a mis au point des plantes modifiées génétiquement qui ont la propriété d’être résistantes à cet herbicide. On les dit ‘Roundup Ready’.

Il suffit alors d’arroser périodiquement du Roundup™ dans les champs où on a semé des plantes ‘Roundup Ready’ pour que celles-ci résistent à l’herbicide alors qu’on extermine toutes les autres qui tenteraient d’y pousser également.

Chez l’animal, la DL50 — c’est-à-dire la dose nécessaire à tuer 50% des sujets d’expérience — est de 4 320 ppm chez le rat et à peu près la même chose chez les oiseaux.

La DL50 est toutefois beaucoup plus faible chez les poissons (de l’ordre de 38 à 78 ppm).

Il est à noter que les études de la toxicité de la glyphosate tiennent rarement compte de celle de ses adjuvants dans le produit Roundup™.

Dans le sol, le glyphosate est sujet à la dégradation microbienne. Selon la flore bactérienne variable du sol, environ 50% du glyphosate qui s’y trouve peut être détruit en 49 jours.

Les particules du sol adsorbent fermement ce produit chimique à leur surface. Théoriquement, cela fait que cet herbicide devrait être faiblement entrainé par les eaux de pluie, en dépit de sa grande solubilité dans l’eau.

C’était la conclusion des premières études environnementales à son sujet. Mais depuis, son utilisation massive a fait qu’on en a découvert des traces dans de nombreux cours d’eau et nappes phréatiques.

L’agence américaine de Protection de l’environnement a fixé la limite sécuritaire du glyphosate dans l’eau potable à 0,8 ppm.

Dans le cas des aliments, la limite maximale canadienne des résidus varie en fonction du produit; elle est de 20 ppm pour le soya, 10 ppm pour l’orge, 5 ppm pour les pois, et 4 ppm pour les haricots et les lentilles.

Cette semaine, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a publié les résultats de son étude sur la présence de glyphosate dans nos aliments.

L’étude a porté sur 482 échantillons de fruits et légumes (frais et transformés), 2 497 échantillons de légumineuses et de céréales, de même que 209 échantillons de nourriture pour enfants, pour un total de 3 188 produits testés.

À l’état de traces, le glyphosate est présent dans 29,7% des produits alimentaires. Toutefois, il ne dépasse les limites règlementaires que dans 1,3% des cas.

Les produits fautifs étaient essentiellement des produits céréaliers (3,9% des cas), des légumineuses (0,6%) et des jus et autres boissons (0,2%, dont le lait de soya fait partie).

On n’a rien trouvé d’excédentaire dans les autres catégories d’aliments.

À titre d’exemple, dans le cas précis des aliments pour bébés, la présence de glyphosate a été en dessous du seuil de détection dans 69% des cas. Et dans le reste, soit 31% des cas, il s’agissait de traces jugées acceptables.

Précisons qu’il n’existe pas d’étude sur les effets à très long terme des traces de glyphosate dans l’alimentation.

Références :
Environment Fate of Glyphosate
Glyphosate
L’herbicide glyphosate décelé dans le tiers des produits alimentaires testés par l’ACIA
Sauvegarder grâce à la science — dépistage du glyphosate en 2015-2016

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Plafonner le salaire des grands commis de l’État

13 avril 2017

En France, depuis 2012, le salaire des mandarins de l’administration publique est plafonné à 450 000 euros par an.

Depuis le mois dernier, la loi israélienne plafonne à 862 000$Can le salaire des patrons des banques du pays.

Cette loi stipule également qu’aucun salaire versé dans le secteur financier ne peut excéder 35 fois celui de l’employé le moins bien payé au sein de la même société.

En d’autres mots, le président ne peut gagner plus de 35 fois le salaire du balayeur de plancher.

Dans une entrevue exclusive publiée dans La Presse le 8 avril dernier, le chef du Parti québécois a annoncé que, s’il prenait le pouvoir, aucun employé de l’État ne pourrait toucher une rémunération supérieure à 90% du salaire du premier ministre.

La seule exception serait le président de la Caisse de dépôt et placement. Tous les autres grands serviteurs de l’État seraient assujettis à cette règle.

Selon La Presse, cette mesure affecterait les hauts dirigeants suivants :
• Éric Martel, d’Hydro-Québec (493 000$)
• Louis Morisset, de l’Autorité des marchés financiers (414 000 $)
• Pierre-Gabiel Côté, d’Investissement Québec (391 000$)
• Alain Brunet, de la Société des alcools (390 000$)
• Luc Meunier, de la société québécoise des infrastructures (317 000$)
• Juan-Roberto Iglesias, secrétaire général de l’État (313 000$)
• Patrice Brunet, PDG du CHUM (296 000$)
• Patricia Gauthier, du CIUSS Estrie (293 000$)
• Gertrude Bourdon, du CHU Québec (290 000$)
• Clermont Gignac, directeur du projet du CHUM (280 000$)
• Horacio Arruda, directeur de la santé publique (274 000$)
• Luc Monty, sous-ministre des finances (255 000$)

En réponse à cette annonce, le premier ministre du Québec a jugé que cela était un indice que le PQ se radicalise : « C’est un autre épisode où M. Lisée, clairement, cherche désespérément à se coller à Québec solidaire.»

C’est également l’avis du Devoir. Sous le titre d’Une idée simpliste de Lisée, l’éditorialiste Robert Dutrisac écrit ce matin : « Jean-François Lisée, qui plaide pour un Québec ‘éthique et équitable’, surfe sur la vague de l’indignation populaire soulevée par la rémunération que se sont réservée les hauts dirigeants de Bombardier et par les hausses éhontées accordées aux médecins. Le chef péquiste veut sans doute séduire les sympathisants de Gabriel Nadeau-Dubois, mais il aurait avantage à se rappeler que la compétence importe, même dans le secteur public.»

Voilà, le mot est lâché; la compétence se paie.

Le tiers du 1% des Québécois les plus fortunés sont les médecins. J’ai beaucoup d’estime pour les médecins, notamment les chirurgiens et les urgentologues, dont le métier est de sauver quotidiennement des vies humaines.

Mais, avouons-le franchement, tous les médecins étaient de parfaits incompétents avant d’entreprendre leur cours en médecine. Donc la compétence s’acquiert. Et dans leur cas, à l’occasion d’une formation universitaire très majoritairement financée par les contribuables.

De plus, il faut quand même se rappeler que pendant des années au Québec, le premier critère de l’embauche des grands commis de l’État, ce n’était pas la compétence mais l’allégeance politique, si on en juge par les travaux de la commission Bastarache.

Ceci étant dit, que l’ensemble des hauts salariés de l’État travaillent fort, je suis prêt à le croire. Tout comme c’est le cas de la mère de famille monoparentale qui concilie un petit boulot mal payé et ses obligations familiales.

Toutefois, permettez-moi de douter que le salaire des hauts payés soit la juste reconnaissance de la supériorité de leur race. À la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau et ses acolytes grassement payés ont acheté quarante-milliards de titres financiers toxiques sans avoir la moindre idée que cela ne valait rien. Allo la compétence.

De plus, il faut s’enlever de l’esprit que les hauts salariés de l’État sont des êtres dotés d’une supériorité innée. Ce n’est pas le cas. Au contraire, personne n’est irremplaçable.

Pendant plusieurs années, j’ai siégé à titre d’administrateur d’un ordre professionnel. Les salaires de tous nos employés étaient régis par une échelle salariale imposée par l’employeur (puisque personne n’était syndiqué).

Dans le cas des cadres, cette grille précisait le salaire d’un cadre ordinaire, celui d’un chef de service, et celui du directeur général. Bref, elle régissait les salaires de tous les employés de l’entreprise, sans exception. Quant aux membres du Conseil d’administration dont je faisais partie, nous recevions une rémunération symbolique constituée de jetons de présence.

Dans le cas des cadres supérieurs, cette grille prenait en considération le budget à administrer et le nombre de subalternes.

Nous avions également prévu une modulation qui tenait compte de l’atteinte par l’employé des objectifs fixés par son supérieur hiérarchique.

Et c’est par le biais de cette échelle salariale que nous avons fait disparaitre la discrimination associée au sexe. Pour les dirigeants de cette corporation, il aurait été impensable de prévoir une ‘modulation’ en fonction du sexe.

Dans le cas des grands commis de l’État, leur rémunération est présentement basée sur leur valeur estimée. Arbitrairement, ceux qui en font l’estimation sont très majoritairement des hommes et conséquemment, dans la liste des commis de l’État les mieux rémunérés, très peu sont des femmes.

Bref, on ne compte plus les gouvernements qui ont imposé des gels salariaux à l’ensemble de la fonction publique. De la même manière, l’État a le pouvoir d’imposer un plafond à la rémunération des serviteurs de l’État. Cela n’a rien de simpliste.

En suggérant d’agir ainsi, Jean-François Lisée n’est pas ce vilain démagogue racoleur décrit par Le Devoir. C’est plutôt quelqu’un qui s’inspire judicieusement de l’État français, de l’État israélien, et de toutes les entreprises privées qui se dotent d’une politique salariale cohérente.

À mon avis, ce qui est simple, c’est de répéter comme un perroquet les arguments d’un chef de gouvernement dont la plus grande réussite économique aura été de faire tomber le Québec au dernier rang des provinces canadiennes au chapitre du revenu disponible par personne.

Références :
Israël limite le salaire des banquiers
Le PQ «se radicalise», pense Couillard
Les salaires des patrons du public plafonnés à 450 000 euros par an
Lisée rabattrait les salaires des hauts dirigeants
Réduire les salaires des P.-D.G. de l’État — Une idée simpliste de Lisée

Paru depuis :
La Suisse a réglementé sous la pression des citoyens (2017-04-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’odorat — Le gin St-Laurent

12 avril 2017
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Avec son étiquette qui rappelle celle de l’eau de Cologne No 4711, le gin artisanal St-Laurent ressemble à un gros flacon de parfum. Cela n’est pas une coïncidence.

La meilleure manière de l’apprécier, c’est d’en verser une petite quantité — 50 ml suffisent — dans un ballon ou dans n’importe quel verre qui permet à sa fragrance de s’accumuler.

Ne vous pressez pas de le boire; il faut d’abord le humer à petites doses répétées.

La première chose qui monte au nez est une intense odeur de conifère. Ce n’est pas du sapin. Ce n’est pas de l’épinette, C’est l’odeur résineuse des baies de genévrier qui donnent aux gins leur appellation.

Cette odeur s’impose comme une évidence. À la manière d’un mur contre lequel une voiture se serait précipitée.

Pour s’excuser de ce manque exquis de délicatesse, la boisson révèle ensuite un parfum caressant d’agrume. On est alors simultanément dans la forêt boréale et sous les tropiques.

Puis à la toute fin, une odeur salée d’algues s’offre subtilement à votre nez. Comme un souvenir lointain de marée basse.

Et dans les émanations les plus indistinctes, entre la prémonition et l’intuition, plane le spectre des lichens et de la tourbe qui nous amène dans la toundra québécoise.

En bouche, l’alcool monte soudainement jusqu’au nez. Un goût d’oranges amères précise la nature du parfum d’agrume remarqué plus tôt.

Puis la boisson taquine les papilles gustatives de l’amer, du salé et de l’acide, soit une bonne partie des saveurs primaires décelables par le gout.

Contrairement à toutes ces boissons qu’on cale en faisant cul sec — comme pour écourter une pénitence ou s’enivrer le plus tôt possible — le gin St-Laurent est de ces breuvages qui vous obligent à faire une pause. De ces breuvages qui vous proposent une étonnante odyssée sensorielle, de la montagne à la mer, du dégel printanier à l’été, sans quitter les rives de votre verre de gin.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm

L’odorat — Le gin St-Laurent
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le totalitarisme de la United Airlines

11 avril 2017

Coutumière au sein des compagnies aériennes, la surréservation est la réservation d’un nombre de places supérieur au nombre réel.

C’est un moyen d’augmenter la profitabilité de l’entreprise puisqu’en cas d’une annulation de dernière minute, non seulement le passager qui renonce à voyager n’a habituellement pas le droit à un remboursement, mais sa place ne restera pas vide, déjà vendue à un passager surnuméraire.

Ce qui pose le problème des voyageurs en trop quand les annulations n’ont pas été aussi nombreuses qu’espéré.

La solution consiste à offrir une compensation à tout passager qui renoncerait à partir sur ce vol jusqu’à ce que cette offre ait été acceptée par suffisamment de gens.

Mais qu’arrive-t-il quand l’offre de la compagnie est jugée insuffisante ? Celle-ci peut augmenter son offre.

Mais United Airlines a choisi une solution plus économique; cette solution consiste à tirer au sort les passagers qui seront ‘priés’ de quitter l’avion.

Mais priés est un bien grand mot. Il serait plus juste de dire sommés puisqu’en cas de refus, ils sont expulsés manu militari.

C’est ce qui est arrivé il y a deux jours sur un vol reliant Chicago à Louisville (au Kentucky). Un des passagers tirés au sort avait des engagements qu’il devait respecter.

Devant son refus obstiné, le passager récalcitrant a été jugé perturbateur et ‘belligérant’.

United Airlines s’est donc prévalue des procédures prévues par les lois antiterroristes américaines en pareil cas.

Appelés en renfort, des agents de sécurité ont donc arraché ce passager de son siège.

Au cours de cette expulsion particulièrement violente, le visage du passager a percuté l’accoudoir du siège situé de l’autre côté de l’allée.

Avertissement : cette vidéo est déconseillée aux personnes sensibles

À la fermeture de la bourse lundi, l’action d’United Continental Holdings, qui opère United Airlines, était en hausse de 1%.

Toutefois, ce passager ayant des traits asiatiques, la vidéo de son expulsion musclée a causé un scandale en Chine. Sur le site de microblogage Sina Weibo, hybride entre Twitter et Facebook, la vidéo a été vu 130 millions de fois en une seule journée.

Or United Airlines tire le septième de ses revenus de ses vols asiatiques.

Aujourd’hui, l’action de la compagnie a chuté de deux pour cent à la bourse de New York, ce qui correspond à une diminution de sa valeur capitalisée d’un milliard de dollars américains.

Références :
Thanks to United Airlines, is flying while Asian something to fear?
United Airlines CEO calls dragged passenger ‘disruptive and belligerent’
United Airlines : l’évacuation forcée d’un passager d’un vol fait scandale aux Etats-Unis
United Airlines shares fall 4% as Chinese react to passenger dragged off plane

Paru depuis :
Le passager expulsé va poursuivre United Airlines (2017-04-13)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trump : un président manipulable et impulsif

10 avril 2017


 
Introduction

Lorsque l’aviation canadienne bombarde n’importe quelle région du monde, elle le fait avec l’accord du pays concerné ou à la suite d’une résolution habilitante de l’ONU.

Cela s’appelle respecter le droit international.

Quand les Russes bombardent la Syrie, ils n’ont pas besoin d’une autorisation de l’ONU parce qu’ils ont déjà celle du gouvernement de la Syrie, soit celui de Bachar el-Assad.

Plus tôt cette semaine, le président américain Donald Trump a ordonné le bombardement de la base russe de Shayrat, située en Syrie.

Ce bombardement est la réponse américaine à une attaque chimique survenue deux jours plus tôt dans la ville syrienne de Khan Cheikhoun. Cette attaque chimique a provoqué la mort d’une centaine de civils et fait environ 500 blessés.

Dans cette région s’affrontent l’armée syrienne et les milices de deux organisations terroristes financées par l’Arabie saoudite : Ahrar al-Cham (accusé de crimes de guerre par Amnistie internationale) et Hayat Tahrir al-Cham (classé comme organisation terroriste par les États-Unis le mois dernier).

Le président américain s’est dit ému des images qui lui ont été présentées à ce sujet.

Dans le but évident de nous faire partager l’émotion présidentielle, les télévisions canadiennes nous ont présenté en boucle ces gros plans d’enfants suffoquant ou d’infirmiers essayant désespérément de sauver les personnes affectées par des gaz toxiques.

Il faut être très naïf pour croire que les États-Unis bombardent quoi que ce soit pour des raisons humanitaires.

Selon Newsweek, l’armée américaine a tué mille civils en Irak et en Syrie durant le seul mois de mars 2017. C’est dix fois plus que l’attaque qui a suscité l’indignation de Trump. Or nos médias n’ont pas cru bon nous montrer les gros plans des gens tués ou agonisants sous les frappes américaines.

C’est la paix, et non la guerre, qu’on fait pour le bien d’un peuple. Surtout quand il s’agit de gens qu’on ne veut surtout pas accueillir aux États-Unis.

Sans attendre que la responsabilité de l’aviation syrienne ait été prouvée et sans posséder de résolution habilitante de l’ONU, le président américain a ordonné le bombardement de cette base militaire deux jours plus tard.

Il s’agit de son premier Casus belli, commis moins de cent jours après son entrée en fonction.

Pour les chefs d’État occidentaux et les journalistes qui rapportent leurs propos, la culpabilité de Bachar el-Assad est évidente puisqu’il s’agit ici, croit-on, d’une récidive.

La ligne rouge

Le 20 aout 2012, l’ex-président Obama avait prévenu que l’utilisation d’armes chimiques dans le cadre du conflit syrien constituerait une ligne rouge à ne pas dépasser.

À plusieurs occasions, de telles armes ont été utilisées, causant un petit nombre de victimes.

Toutefois, le 21 aout 2013 — un an plus tard — un bombardement à l’arme chimique eut lieu dans l’oasis de la Ghouta, près de Damas. Ce bombardement fit entre 322 et 1 729 morts. De plus, 3 600 personnes furent atteintes de symptômes neurotoxiques.

À l’époque, ce crime de guerre provoqua une indignation planétaire.

Mais la Maison-Blanche invoqua l’insuffisance de preuve pour ne pas intervenir et sauva la face (plus ou moins) en acceptant l’engagement russe à procéder à la destruction de toutes les armes chimiques encore en possession du régime de Bachar el-Assad.

Quatre ans plus tard, cette nouvelle attaque chimique a provoqué de nombreux commentaires. Toutefois, j’ai été très surpris de lire celui d’un lecteur du Devoir affirmant que l’enquête de l’ONU au sujet du massacre de Ghouta avait innocenté le régime de Bachar el-Assad.

À la lecture du texte sur Wikipédia, on apprend effectivement que l’ONU a produit deux rapports à ce sujet.

Publié le 16 septembre 2013, le premier n’avança aucune responsabilité dans cette attaque puisque cela n’était pas son but.

En décembre 2013, le journaliste d’investigation Seymour Hersh révèle que le gouvernement américain, pour mieux soutenir les accusations contre le régime de Bachar el-Assad, aurait volontairement caché les informations selon lesquelles le groupe djihadiste Front al-Nosra (soutenu par l’Arabie saoudite) disposait de gaz sarin.

Publié en janvier 2014, le deuxième rapport de l’ONU en vint à la conclusion que le régime syrien ne pouvait pas être tenu responsable du massacre. En particulier l’analyse de l’impact au sol des ogives permettait de préciser que l’endroit d’où elles avaient été tirées ne pouvait provenir des positions occupées par le régime au moment de l’attaque.

Évidemment, ce rapport fut aussitôt critiqué par un grand nombre d’experts occidentaux et, à l’opposé, applaudis par ceux des pays alliés de Bachar el-Assad.

Si j’exclus tous les rapports d’organismes ou d’États qui avaient conclu à la culpabilité ou à l’innocence de Bachar el-Assad avant même d’entreprendre leurs travaux, le seul rapport crédible est celui de l’ONU.

Le scénario le plus plausible

En traçant sa ligne rouge, le président Obama commettait une imprudence.

Il suffisait à l’Arabie saoudite d’orchestrer une attaque chimique ayant l’air d’avoir été commise par le régime syrien pour forcer la main d’Obama et l’amener à déclarer la guerre contre Bachar el-Assad.

Cette stratégie ayant échoué, la dictature saoudienne a donc recommencé le même scénario moins de cent jours après l’arrivée au pouvoir de son successeur.

Et voilà ce pauvre Trump qui tombe dans le panneau.

La pire erreur que peut commettre un chef de guerre, c’est de révéler son talon d’Achille.

C’est ce qu’a fait Donald Trump en ordonnant le bombardement de la base russe de Shayrat.

Il aura suffi qu’on lui montre les gros plans de jeunes enfants suffoquant pour qu’il réagisse comme le taureau devant lequel le toréador agite sa muléta.

Mais il y a plus grave encore.

À en juger par la réaction contrariée des Russes aux frappes américaines, il est évident que Trump n’a pas demandé la permission aux Russes avant de bombarder une de leurs bases militaires en Syrie.

Imaginons que les Russes, prévenus de l’attaque, aient décidé de tester l’efficacité des missiles sol-air S-300 qu’ils ont déjà déployés en Syrie.

Si toutes les ogives américaines avaient atteint leur but quand même, cela aurait prouvé la supériorité de la technologie américaine.

Mais si ce coup de poker avait tourné au désastre, on ferait présentement la queue à Moscou pour acheter des armes russes.

Et puisque les missiles S-300 n’auraient causé aucune victime américaine mais n’auraient fait que bloquer des ogives ‘made in USA’ et humilier les États-Unis, Trump aurait été réduit à accuser Poutine d’hypocrisie sans avoir matière à déclarer une troisième guerre mondiale.

Ce qui, dans le cas de Trump, n’est peut-être que partie remise…

Références :
Armes chimiques pendant la guerre civile syrienne
Attaque chimique en Syrie : trop tôt pour tirer des conclusions, disent Moscou et Damas
Massacre de la Ghouta
Obama ne regrette pas l’épisode de la «ligne rouge»
Under Trump, U.S. military has allegedly killed over 1,000 civilians in Iraq, Syria in March
Whose sarin?

Paru simultanément :
Guerre en Syrie et lutte pour le pouvoir aux États-Unis

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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